Environnement Économique - Février 2010
Tout comme en janvier, l’environnement économique du mois de février a été marqué par les inquiétudes persistantes concernant l’évolution des finances publiques, notamment dans certains pays de la Zone euro, mais également au Japon. Ainsi, les craintes sur la dette souveraine de la Grèce ne sont toujours pas écartées, bien que les autorités grecques se soient voulues rassurantes en répétant que le pays n’avait pas besoin d’une quelconque aide financière. Cet environnement, ainsi que le relèvement du taux d’escompte de la Réserve Fédérale américaine, a pesé sur l’euro qui s’est déprécié contre le dollar de 1,7%. Ainsi, il s’échange contre 1,36 dollar à la fin février contre 1,39 dollar le mois précédent. Le prix du baril de Brent a quant à lui augmenté de presque 9%, terminant le mois à 77,6$.
Aux Etats-Unis, le relèvement du taux d’escompte de la Réserve Fédérale (taux auquel les banques commerciales peuvent directement se refinancer auprès de la banque centrale) a surpris par sa rapidité. Il est cependant à relativiser : le Président de la Réserve Fédérale a souligné que les taux directeurs resteront bas sur une période prolongée compte tenu des conditions économiques.
Sur le mois de janvier, les données du secteur industriel ont été relativement bonnes : l’ISM manufacturier (indicateur de confiance des directeurs d’achat du secteur manufacturier) a fortement rebondi, tout comme la production industrielle qui gagne 0,9%. Les commandes industrielles ont quant à elles continué leur mouvement de hausse entamé depuis quatre mois, enregistrant une variation mensuelle de 1% en décembre.
Du côté du consommateur, le constat est plus mitigé. En janvier, les ventes au détail ont progressé de 0,5%, les destructions d’emploi ont reflué, (20 000 en janvier contre 150 000 le mois précédent), et le taux de chômage est repassé sous la barre des 10%, à 9,7%. Malgré ces chiffres, la confiance du consommateur du Conference Board s’est repliée en février, notamment du fait de perspectives d’emploi moins favorables. Le marché de l’immobilier a par ailleurs été décevant : les dépenses de construction se sont à nouveau contractées en décembre et les ventes de maisons ont elles aussi reculé malgré le prolongement et l’extension du crédit d’impôt.
Le produit intérieur brut en Zone euro a enregistré une faible hausse trimestrielle de 0,1% au quatrième trimestre 2009, notamment du fait d’une activité allemande décevante, stable sur le trimestre. Si le produit intérieur brut français enregistre une progression de 0,6%, l’Espagne et la Grèce sont toujours en récession. Sur la zone, les statistiques concernant l’industrie ont été décevantes : les indicateurs d’activité sont contradictoires et la production industrielle en décembre a subi un fort recul de 1,7%, tirée par le bas par la production industrielle allemande dont le glissement mensuel s’établit à -2,6%. Par ailleurs, les commandes à l’industrie allemandes se sont elles aussi contractées (-2,3% en glissement mensuel). Les premiers effets des retraits des politiques budgétaires se sont fait sentir en France où les dépenses de consommation des ménages se sont fortement contractées en janvier, perdant 2,7% après quatre mois de hausse, en grande partie du fait de la réduction du montant de la prime à la casse.
Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut japonais a progressé de 1,1% en glissement trimestriel, grâce à une forte contribution de la balance commerciale et de la consommation, ce qui permet à la croissance annuelle de passer de -4,9% à -0,9%. La production industrielle continue son amélioration, enregistrant une croissance mensuelle positive pour le onzième mois consécutif, à 2,5% en janvier. Néanmoins, le commerce extérieur a été décevant, les exportations enregistrant une contraction de 12% en janvier tandis que sur le plan domestique, la déflation reste préoccupante.
En Asie, le taux de croissance annuel de l’Inde continue de ralentir, s’établissant à 6% au quatrième trimestre 2009. Sur le mois de janvier, les données du commerce extérieur ont été décevantes : les exportations sud coréennes ont reculé de 14% et les exportations chinoises de 16%. Devant des risques inflationnistes et la crainte de formation de bulles immobilières, les autorités chinoises ont pour la deuxième fois rehaussé le taux de réserves obligatoires (liquidités que les banques commerciales doivent déposer à la banque centrale en proportion des prêts qu’elles ont accordés) de 50 points de base.
Marie Thibout, le 1er mars 2010