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Le mot du président - janvier 2012

 

crédit photo Laurent Mauger

L'année 2012 débute dans un climat économique incertain. Les thèmes qui ont dominé 2011 sur les marchés financiers restent d’actualité. Mais si les sujets sont les mêmes, la situation a évolué, tant sur le plan économique que sur le plan des marchés financiers

Sur le plan économique, les pays ont eu à faire face à plusieurs chocs qui handicapent la reprise graduelle observée depuis 2009. Le séisme japonais du 11 mars a eu un effet déstabilisant sur l’ensemble de l’industrie mondiale. Les événements au Proche Orient ont contribué à maintenir les prix du pétrole sous tension. Mais la crise des dettes publiques de plusieurs pays dans la zone euro a joué un rôle majeur en 2011. Loin d’être terminée, cette crise reste l’un des moteurs des mouvements attendus cette année. Les premiers effets de ces chocs ont été visibles à partir du deuxième semestre en Europe, et dans les pays émergents avec un fléchissement de l’activité. Aux Etats-Unis la croissance de l’économie se stabilise sur un niveau bas à 1.5% au troisième trimestre en glissement annuel.

Sur le plan des marchés financiers, le S&P finit l’année comme il l'a commencé à 1257 points. En Europe, les marchés ont été nettement moins favorables, le CAC 40 enregistre une baisse de près de 17% à 3160 points. Enfin le Nikkei 225 termine à 8455 points, soit une baisse de plus de 17%.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans français baisse de 21 points de base à 3.15%. Le taux 10 ans américain enregistre une baisse de 142 points de base et finit à 1.87%. Quant au pétrole, le baril de Brent a progressé sensiblement de plus de 13% sur fond de tensions politiques dans les pays du Moyen Orient et termine à 107.4$. Enfin, l’Euro s’est déprécié de 3% face au dollar et s’échange à 1.296$.

Cependant, la communauté de thèmes ne signifie pas pour autant que 2012 sera identique à 2011. Nous abordons 2012 dans un contexte économique et géopolitique bien plus fragile qu’en 2011.

L’agenda de cette nouvelle année s’annonce donc bien chargé : résolution de la crise de solvabilité de l’Etat grec, austérité et élections présidentielles devraient tenir le haut de l’affiche en Europe, tandis qu’outre Atlantique, au-delà de l’échéance électorale présidentielle, les interrogations se porteront sur la soutenabilité de cette timide reprise de la croissance, aux prises avec le ralentissement européen et la perspective du retrait progressif des politiques de soutien budgétaire

L’équipe de Covéa Finance vous présente ses vœux pour 2012.

le 10 janvier 2012

Notre vision des marchés pour les prochains mois - Publication du 20 octobre 2011

Le Comité Perspectives Économiques et Financières du 20 octobre 2011 (mis à jour à fin novembre 2011)

À l'issue du PEF du 20 octobre, nos conclusions étaient :

  • Croissance lente aux Etats-Unis et en Europe

  • Transmission aux pays émergents par ralentissement des transferts de richesse des pays développés vers les pays émergents qui s’opèrent via les balances commerciales et les balances de paiement.

  • Une préférence pour des placements actions au détriment des placements obligataires, une position contradictoire à priori puisqu’instinctivement, une croissance lente pèse sur des capacités bénéficiaires des entreprises et fait traditionnellement baisser le taux des emprunts d’Etat, « autrefois » appelé le taux sans risque.

  • Sauf que les actions ont déjà subi une grosse décote alors même que la croissance économique s’avérait résistante, en particulier à la zone Euro malgré l’avalanche d’évènements géopolitiques et économiques sérieux, et que bilans et comptes de résultats confirmaient la résistance des entreprises.

  • Sauf que des taux d’intérêt au sein de la zone Euro évoluent au sein d’une immense fourchette allant du taux de l’emprunt d’Etat allemand 10 ans à moins de 2%, au taux de l’emprunt d’Etat grec 10 ans à plus de 20% en passant par le taux de l’emprunt d’Etat italien à 7%.

    Au tout début Novembre, l’accélération de la contagion de la crise de la dette grecque à l’ensemble des dettes souveraines libellé en Euro hors Allemagne associée à la multiplication d’indicateurs macroéconomiques préoccupants nous a conduit à infléchir les conclusions de notre PEF du 20 octobre :

  • Avec la montée très nette du risque de récession en Europe, récession que nous jugeons aujourd’hui quasi-inévitable.

  • Sans toutefois infléchir nos recommandations en matière de stratégie financière si ce n’est en réaffirmant la nécessité de rester très sélectif en matière de choix de titres et en maintenant nos recommandations de diversification géographique avec une préférence pour le marché américain sur le plan boursier comme sur le plan devise.

  • Car nous estimions au contraire que la prise de conscience de l’imminence de la récession en Europe risquait de provoquer une nouvelle chute des marchés boursiers nous permettant de toucher les 2500 points attendus sur l’indice du CAC 40, une opportunité qu’il faudra saisir pour prendre de fortes positions.

    Depuis l’histoire s’est à nouveau accélérée :

  • Les menaces sur la note « AAA » de la France se sont multipliées; l’écart entre le taux de rendement des emprunts d’Etat allemand et français a atteint un record historique autour de 2%, conduisant la France à lever des capitaux à un taux presque deux fois plus élevé que celui payé par l’Allemagne.

  • Tout semblait s’organiser pour faire de l’Allemagne le seul AAA offrant un marché de dette publique réputée sûr et liquide.

    Jusqu’au coup de théâtre du 23 novembre 2011, jour où l’adjudication (l’émission) de nouveaux emprunts d’Etat allemands s’est mal passée, obligeant la Bundsbank à retenir une grande partie de l’adjudication.

  • Cet évènement pourrait nous amener à revisiter nos perspectives économiques et financières.

  • Lundi 28 Novembre, nouvelle alerte : Moody’s déclare que la crise de la zone Euro menacerait l’ensemble de l’union européenne et donc menacerait le AAA allemand, propos accompagné de la mise sous surveillance de 87 banques Européennes.

    En effet il y a deux options possibles à ce stade :

  • Soit l’évolution des taux d’intérêt en zone Euro n’est plus un problème de résolution de l’excès d’endettement des pays dits (en particulier, de résolution du fameux plan grec) du Sud mais est devenu un problème de liquidité et de solvabilité de l’ensemble des Etats de la zone Euro, avec à la clé une inconnue sur la valeur de la monnaie unique face aux autres monnaies, voir sa disparition au profit de monnaies nationales.

  • Soit les mauvais résultats sur les émissions d’emprunt d’Etat allemand et ses répercussions en matière de coût de la dette inquiète suffisamment les autorités allemandes, les amenant à reconsidérer leurs positions, qualifiées de « rigides » sur les missions de la Banque Centrale Européenne et sur l’émission de dette obligataire Européenne dite « Eurobond », deux grosses attentes des marchés financiers.

    Conclusion :

    Dans ce contexte, nous nous attachons à rester très réactif et garder sur les actions une approche tactique et opportuniste en fonction des scénarios qui se mettent en place. Sur les taux,toujours de manière opportuniste, nous restons acheteurs en cas de remontée des taux.

     
     

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