Etats-Unis : la croissance manque encore de robustesse
A. Accélération de la croissance en fin d'année 2011
La croissance américaine avait commencé l'année 2011 par une quasi stagnation (+0.1% en glissement trimestriel). Dés lors, l'activité n'a cessé d'accélérer. Après 0.4% au troisième trimestre, l'activité a cru de 0.7% sur les 3 derniers mois de l'année.
Il en résulte une croissance de 1.7% en 2011 par rapport au niveau de 2010. Si la tendance est à l'amélioration, le rythme de croissance reste sous optimal. En moyenne sur la période 1990-2007, la croissance annuelle américaine s'établissait à 3%. B. Tiré par les stocks le rebond manque d'assise
L'économie américaine doit l'accélération du rythme d'activité au quatrième trimestre à la reconstitution des stocks. Après un déstockage minime de 2 Mds$ au T3, les entreprises ont stocké massivement au T4 (+56 Mds$). Ainsi, sur les 0.7 points de croissance sur le trimestre, 0.4 proviennent de ce mouvement. Ce type de croissance n'est pas durable et la demande finale (PIB hors variation des stocks) est restée fragile..
Au regard de la faiblesse du ratio stock sur vente, ce mouvement n'est toutefois pas le fait d'une baisse des ventes qui aurait induit un gonflement subi des stocks.
L'investissement non résidentiel qui avait été particulièrement robuste au troisième trimestre s'est essoufflé sur la fin d'année. Les dépenses des entreprises en infrastructures se sont contractées de 1.9% sur le trimestre après une hausse de +3.4% au trimestre précédent. Concernant les dépenses en biens d'équipements, qui représentent près de 80% de l'investissement non résidentiel américain, la progression s'est poursuivie sur un rythme modéré (1.3% en glissement trimestriel).
Les signaux d'amélioration entrevus ces derniers mois dans l'immobilier sont confirmés par la bonne tenue de l'investissement résidentiel. En progression de 2.6% en glissement trimestriel, le secteur contribue positivement à la croissance pour la première fois depuis le T2 2010.
Un élément positif reste la robustesse de la consommation. Les dépenses des ménages ont progressé de 0.5% sur le trimestre, tirées par les achats de véhicules qui ont été particulièrement dynamiques.
La bonne performance de la consommation implique une hausse des importations qui a pesé sur la balance commerciale. Celle-ci se dégrade légèrement, passant de 403 Mds$ à 406 Mds$, malgré une faible progression des exportations.
Enfin, les dépenses publiques ont contribué négativement à la croissance du fait d'une baisse des dépenses au niveau local et des dépenses militaires au niveau fédéral. C. La FED en embuscade
Le déflateur du PIB, qui mesure le prix moyen sur l'ensemble des composantes du PIB, a progressé de 0.1% en glissement trimestriel contre 0.6% le trimestre précédent. En rythme annuel, la croissance des prix mesurée par cet indicateur passe de 2.4% à 2%.
Dans ce contexte de croissance fragile et de décrue des tensions inflationnistes, une nouvelle intervention de la Réserve Fédérale pour soutenir l'activité n'est pas à exclure dans les mois à venir. Lors de la réunion de politique monétaire qui s'est tenue cette semaine, le Président de la FED, Ben Bernanke, a précisé que si la reprise reste modérée et les anticipations d'inflation restent faibles, un nouveau volet d'assouplissement monétaire est envisageable. Les données publiées aujourd'hui vont dans ce sens.
Sebastien BERTHELOT, le 27 Janvier 2012