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decembre 2016

Le précédent éditorial  soulignait le caractère décomplexé des électeurs et mettait en écho l’élection de M. Trump et le vote du Brexit. Depuis, les Italiens ont dit « non ». Plus qu’aux mesures qui tendaient à réduire le coût de fonctionnement de l’appareil politique,  ils se sont surtout largement opposés à la proposition institutionnelle qui menait dans les faits à la fin du bicamérisme et à ses contre-pouvoirs. Au-delà d’une supposée résistance systématique au changement, ce vote traduit à nouveau  la méfiance persistante et la fronde des peuples envers leurs classes politiques « établies ».

Dans le même temps, les marchés financiers ont semblé se réjouir de la hausse et de la pentification des taux, soutien essentiel  du dernier mouvement haussier sur le secteur bancaire. Il faudra toutefois prendre garde à l’effet dévastateur de la charge d’intérêt sur des agents économiques, Etats compris, qui n’ont pas baissé leur endettement depuis 2008.

L’autre élément important  a été l’accord des producteurs de pétrole, OPEP* et hors OPEP, pour contenir le déséquilibre du marché en  s’associant dans une démarche collaborative de réduction de la production  pour 2017. L’avenir dira si ces décisions d’intention seront suivies d’effets sur le moyen terme. Pour le moment, la forte réaction des cours du brut salue cette capacité des pays à dépasser leurs divergences géopolitiques. Sur un plan plus global, cette hausse des cours, rend possible la mise en place d’un cercle vertueux d’échanges et de croissance entre les pays producteurs, souvent émergents,  et les pays développés.

Enfin, il faut noter les déséquilibres chinois toujours plus prégnants et souvent mis en avant dans ces lignes. Les sorties de capitaux se poursuivent et contraignent les autorités à prendre des mesures de resserrement des flux telles les dernières interdictions des opérations de fusions-acquisitions d’un montant supérieur à 10 milliards de dollars (et à 1 milliard de dollars si le domaine d’activité  est étranger à celui de l’acquéreur ) ou les interdictions d’investir plus de 1 milliard de dollars dans l’immobilier à l’étranger pour les entreprises publiques. Ces décisions récentes viennent s’ajouter  à celles qui pénalisent déjà  les entreprises européennes présentes en Chine et soumises elles-aussi aux mesures de contrôle des changes.

Ces trois événements s’inscrivent sur fond de velléités de remise en cause des bienfaits supposés de la mondialisation  et du recours par les Etats à des stratégies de relance budgétaire au moment où les politiques monétaires semblent épuisées. Les mises en œuvre de ces changements majeurs alimenteront certainement l’incertitude de nos marchés en 2017.

*Organisation des pays exportateurs de pétrole

 

Francis Jaisson, DIRECTEUR EN CHARGE DE LA GESTION ACTIONS EUROPE, MULTIGESTION ET COMMERCIALISATION 

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