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MAI 2017

Les élections présidentielles françaises ont fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses réactions dans les ménages français et sur les marchés financiers.

Après les craintes d’une victoire potentielle de Marine Le Pen qui avaient entraîné, dès le 4e trimestre 2016, des sorties de capitaux de la France à travers le marché de la dette, l’euro et les actions, la montée dans les sondages d’Emmanuel Macron a permis un retournement de ces  flux.

Les investisseurs américains ne se sont pas trompés. En effet, ils sont revenus sur les marchés actions européens dès le mois de mars,  mois qui est aussi marqué par le retournement à la hausse de l’euro.

Ces élections opposaient deux projets économiques, deux visions de l’Europe deux conceptions de la société. En choisissant Emmanuel Macron, les français ont voté pour une plus grande intégration dans l’Europe, un assouplissement du marché du travail, une fusion des régimes de retraite, une ponction accrue sur l’assurance vie et une moindre fiscalisation des actions.

De ce choix découlent les évolutions boursières auxquelles nous avons assisté : l’euro a progressé avec l’éloignement du risque d’éclatement de la zone euro, les cours des actions ont monté, permettant au CAC 40 de combler en grande partie le retard qui avait été creusé vis-à-vis de l’Allemagne. Quant aux taux français, la prime de risque avec les taux allemands s’est fortement réduite.

Afin de mettre en place ce programme, Emmanuel Macron doit obtenir une majorité à l’Assemblée nationale (même s’il n’exclut pas d’utiliser l’arme de l’ordonnance). Le choix du 1er Ministre et plus encore le résultat des élections législatives du mois de juin seront de ce fait déterminants pour alimenter la hausse des marchés.

Ces élections ont fait apparaître une France très divisée avec un taux d’abstention élevé, expression d’un refus d’une partie de la population de s’exprimer par les urnes. Cette dernière est connue pour choisir la rue comme forme d’expression privilégiée pour faire entendre la voix de certaines catégories. La tentation sera forte de nouveau d’utiliser ce mode de communication avec des conséquences négatives possibles sur l’euro.

Pendant ce temps, l’amélioration conjoncturelle en Europe se poursuit et la France est entraînée par cette reprise économique qu’on observe sur toute la planète. Les croissances de chiffres d’affaires reviennent, les bénéfices des entreprises accélèrent, moteurs indispensables à la hausse des marchés actions. Le retard des marchés européens vis-à-vis du marché américain est toujours patent et peut alimenter l’optimisme sur les actions européennes. Seules des nouvelles plus inquiétantes venant de la Chine (stress sur le crédit et le marché obligataire) pourraient  contrecarrer ce mouvement.

 

Lucile Loquès, DIRECTRICE EN CHARGE DE LA GESTION ACTIONS INTERNATIONALES

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