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juillet 2018

Nos nouvelles perspectives économiques et financières de juin 2018 valident notre scénario d’une poursuite de la diffusion de la croissance économique, avec en toile de fond, notre analyse structurelle : une expansion sous fortes contraintes et donc une croissance économique dont le rythme reste inférieur à celui de la période pré-crise de 2008.

La croissance économique dans les pays développés conserve un moteur qui peut laisser une croissance plus pérenne : l’investissement et en particulier l’investissement privé. L’environnement se caractérise aussi par une convergence des taux de croissance et d’inflation entre pays développés et pays émergents, les premiers s’améliorant et les seconds se tassant.

Le monde change, avec un retour de l’attractivité des pays développés, après deux décennies qui ont vu l’ouverture post-guerre froide, et des mouvements d’investissement orientés massivement vers les pays émergents. On observe dans tous les pays développés des progrès structurels qui leur permettent de reprendre l’initiative. Les pays émergents ont perdu leur statut de nouvel Eldorado. De ce fait, le mouvement de convergence des rythmes de croissance se poursuit à l’échelle mondiale entre pays développés et pays émergents. Cette tendance favorise l’attractivité des investissements sur les zones développées.

Néanmoins, des incertitudes et des risques demeurent à l’image des tensions autour du commerce mondial, qui font peser un risque sur la croissance. La remise en cause par les Américains de l’organisation de la mondialisation et du commerce international telle que nous la connaissons depuis les années 90 sous l’égide de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) n’est pas sans risque sur les rythmes de croissance économique des différents pays, qu’ils soient membres de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) ou pas.

Derrière la politique commerciale américaine, on peut déceler, comme nous le soulignons depuis 18 mois, une remise en cause du multilatéralisme et un mouvement de régionalisation des échanges. La question sous-jacente pour les années à venir est de savoir quelle organisation de l’économie mondiale se mettra en place et si le futur appartient encore aux multinationales.

Autre point notable soulevé dans nos perspectives : la Chine où le risque financier est toujours présent. Nos inquiétudes restent intactes sur la qualité de la croissance chinoise et son niveau dans la mesure où les statistiques ne sont pas fiables.

Au-delà de ces préoccupations d’ordre économique et extra-financier, le risque politique et géopolitique au niveau mondial reste très présent.
Dans ce contexte, des signaux faibles nous alertent et nous incitent à maintenir notre vigilance dans les prochains mois:

  • Les effets de la hausse du dollar sur les devises des pays émergents
  • La dépendance aux financements en devises extérieures des dettes de certains pays émergents
  • La raréfaction à venir du dollar, suite à la sortie de la politique extrêmement accommodante de la Banque Centrale américaine, la FED
  • L’émergence de bulles immobilières (Canada, Allemagne, Australie…)
  • La dépendance du marché du crédit européen aux achats de la Banque centrale européenne.

Dans ce contexte, nous n’anticipons pas un resserrement excessif et précipité des politiques monétaires des banques centrales. Celles-ci se sont engagées dans un mouvement de normalisation des taux et de réduction de la liquidité mondiale. Soucieuses de ne pas laisser gonfler de potentielles bulles sur les prix des actifs, elles ont également la responsabilité de ne pas fragiliser ce mouvement de reprise économique. La hausse des taux longs, conséquence de cette normalisation progressive des politiques monétaires, nous paraît gérable pour les économies développées, sans causer un freinage brutal de l’activité.

 

17 juillet 2018.

Hélène Dyé, DIRECTRICE ADJOINTE DES GESTIONS ET DIRECTRICE GESTION TAUX, RECHERCHE ET NÉGOCIATION

 

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