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février 2017

Un vent d’optimisme souffle depuis le milieu d’année 2016, et surtout depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Les hausses sont plus mesurées mais les orientations observées de fin 2016 sont toujours d’actualité : hausse des matières premières, des taux longs, et des marchés actions.

Deux changements sont toutefois à noter :

- Le dollar a arrêté son mouvement d’appréciation, les récentes décisions prises par le nouveau président américain sur le plan des relations internationales étant  interprétées par les investisseurs comme porteuses de risque géopolitique.

- La prise en compte du risque politique français avec des taux français qui s’écartent  par rapport à ceux de l’Allemagne.

Le dollar n’est pas la seule devise volatile en ce début d’année. La livre sterling évolue en fonction des informations sur la forme que prendra le Brexit tandis qu’en Amérique Latine, le peso reste faible. Il est vrai que Donald Trump n’a pas dévié de son discours de campagne, tant à l’encontre de la concurrence mexicaine et de sa volonté d’augmenter les taxes à l’importation, que vis-à-vis d’entreprises (américaines ou étrangères) qui vendent aux Etats-Unis des biens produits en dehors du sol américain.

En réponse à ces critiques, un certain nombre d’entreprises ont réagi depuis l’élection du nouveau président américain. Pour la plupart, leurs décisions se résument à des dépenses d’investissement sur le sol américain et des créations d’emplois, les chiffres annoncés allant de 400 à 100 000 emplois créés pour les entreprises les plus volontaristes. La rapidité et l’ampleur de ces annonces peuvent surprendre. Par essence, une décision d’investissement est un engagement de long terme et paraît donc difficile à modifier aussi brutalement. Ces décisions peuvent s’expliquer en partie par la prise de conscience de la fin du « rêve chinois ».  De sous-traitants, les entreprises chinoises sont devenues concurrentes et les banques de ce pays occupent à ce jour les premières places au classement mondial. Le grand marché chinois ne s’est jamais vraiment ouvert aux entreprises étrangères et sortir des liquidités de ce pays devient aujourd’hui de plus en plus difficile en raison de nombreuses restrictions  mises en place par le gouvernement.

Les propositions de baisse de taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés américaines et de réduction de la régulation viennent donc à point nommé et redonnent de l’attractivité à l’investissement sur le sol américain.

Si les annonces de Donald Trump continuent de se multiplier et se traduisent dans les faits, les conséquences économiques pour les Etats-Unis et le reste du monde seront majeures. L’Union européenne devra alors s’adapter à un environnement économique international bouleversé.

Lucile Loquès, DIRECTRICE EN CHARGE DE LA GESTION ACTIONS INTERNATIONALES

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