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Novembre 2016

La réaction mesurée des marchés financiers suite aux résultats des élections américaines est peut être un indicateur que les investisseurs revisitent le programme de D.Trump et sont en train de prendre conscience des effets potentiellement positifs des mesures annoncées pendant la campagne. 
Globalement, son programme économique répond en partie aux recommandations des grands organismes internationaux (FMI,…) : relance de l’investissement, baisse de la pression fiscale et budgétaire. 
Le résultat inattendu du scrutin américain fait écho à une autre surprise survenue au mois de juin : le Brexit.

Ce qui est surprenant c’est que nous avons deux pays anglo-saxons, qui ont toujours été porteurs d’un message libéral et qui ont soutenu la mondialisation. Aujourd’hui, ils donnent le signal d’une volonté de freiner si ce n’est d’arrêter le processus et d’effectuer un repli sur eux-mêmes. Ces deux mêmes pays possédaient pourtant tous les outils pour redresser l’économie via la politique monétaire, de change et budgétaire grâce à une cohérence de la politique économique. Par ailleurs, même si le niveau de croissance économique restait inférieur aux moyennes historiques ils avaient sû redresser leur économie et réduire significativement leur taux de chômage.

Le président D.Trump a un programme moins libéral sur le plan des échanges commerciaux qui vient totalement à l’encontre de la vision de « l’establishment ». Soucieux de la dégradation de leurs revenus et touchés par les délocalisations, cette option semble répondre aux attentes des citoyens et a séduit les électeurs, 
Ainsi, nous sommes passés de 20 ans de certitudes d’une mondialisation heureuse à des déceptions successives, accentuées par la faillite de Lehman Brothers et la fragilisation de  la classe moyenne. 

Ce choix des électeurs est plein d’enseignements pour l’Europe. Dans le cadre des élections à venir en Europe en 2016 (le 4 décembre en Italie et en Autriche) et après le résultat inattendu de ces 2 précédents votes, ce sont des citoyens européens décomplexés qui se présenteront devant les urnes. Les prochains scrutins risquent donc d’être l’expression de ces évolutions et pourraient ainsi fragiliser les marchés européens.

Enfin un risque de hausse de taux vient de s’ouvrir avec cette élection. Il est de 2 natures : 
•    un risque de hausse de l’inflation, Mr Trump ayant prévu une hausse des tarifs douaniers dans le cadre de son programme
•    un risque sur la continuité de la politique de la FED avec le renouvellement du mandat du président de la FED, Mme Yellen, en 2018, avec des tensions possibles avec le nouveau président étant donné la teneur de certains propos tenus lors de la campagne.

Dans les prochaines semaines nous suivrons les réactions et l’interprétation du programme électoral de D.Trump par les marchés taux et actions aux Etats-Unis.
Notons toutefois que l’incertitude géopolitique et les coûts financiers éventuels pour les partenaires économiques des Etats-Unis ne sont pas à ce jour réellement pris en compte par les marchés financiers. 

 

Co-écrit par

Hélène Dyé - DIRECTRICE ADJOINTE DES GESTIONS ET DIRECTRICE GESTION TAUX, RECHERCHE ET NÉGOCIATION

 & Lucile Loquès - DIRECTRICE EN CHARGE DE LA GESTION ACTIONS INTERNATIONALES

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