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juin 2016

Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, le prix du baril de Brent atteint les 50$, soit le double des niveaux les plus  bas du mois de février dernier.

Initialement poussé à la hausse par des espoirs d’accords au sein de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et par l’abondance de liquidités liée aux mesures exceptionnelles mises en place par la Banque centrale européenne (BCE) et la BoJ (Banque du Japon) (les investisseurs recherchant du rendement à tout prix), le prix du pétrole a été récemment influencé par des réductions de son offre. Citons pour exemples l’incendie dévastateur dans les schistes bitumineux au Canada, les réductions de stocks de pétrole aux Etats-Unis, les grèves au Koweït ou encore la situation politique et sociale préoccupante au Venezuela.
Dans ce contexte, les intervenants de marché retrouvent un certain optimisme notamment : 
-    Sur la situation économique américaine, le rebond du prix du pétrole permettant d’espérer une réduction de la pression baissière sur l’industrie pétrolière américaine et donc sur l’économie dans son ensemble.
-    Sur la santé de certains pays émergents exportateurs de pétrole, avec en ligne de mire l’espoir du retour du transfert de richesse positif en faveur des pays émergents.

A 50$ le baril, la hausse des taux courts de la Banque centrale américaine (FED) redevient possible, voire probable aux yeux des investisseurs qui l’avaient exclu de leur horizon comme l’indiquait le niveau du dollar le 3 mai à 1,1618. 

Les prévisionnistes accordaient d’ailleurs avant les chiffres de l’emploi de mai  une probabilité de 60% à la hausse des taux en juin ou juillet, aidés en cela aussi par des discours plus volontaristes des membres de la Fed en faveur d’une hausse des taux, ce qui a eu pour effet de remettre le dollar sur le chemin de la hausse, même si elle reste très modérée.

La soutenabilité du niveau du prix du pétrole autour de 50 $ est la question centrale d’un scénario plus optimiste que les marchés financiers semblent embrasser. Aucune hausse de la demande n’explique ce rebond, l’offre a bénéficié de circonstances exceptionnelles comme nous l’indiquons plus haut et les flux financiers, par essence instables,  ont fait la différence.  
De ce fait, toute volatilité accrue qui aurait pour conséquence un retour du prix du pétrole vers des niveaux de 40$ le baril ou moins, risque d’entraîner une nouvelle baisse des marchés financiers et de faire ressurgir les craintes d’une dégradation du contexte macroéconomique mondial.

 

Lucile Loques - DIRECTRICE EN CHARGE DE LA GESTION ACTIONS INTERNATIONALES

 

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