Environnement Économique

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Février 2019

En bref

Les négociations sino-américaines ont enregistré des progrès au cours du mois, permettant d’envisager la conclusion d’un accord commercial à court terme. Sur le plan économique, le ralentissement en Europe et en Asie se confirme, tandis que les Etats-Unis affichent une activité résistante, bien qu’en légère modération. Les négociations du Brexit se sont poursuivies sans avancée majeure alors que la date butoir du 29 mars approche. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,6% et termine le mois à près de 1,142 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 7% et termine à 66 dollars.

 

Sébastien Berthelot, le 4 mars 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’activité est restée bien orientée au quatrième trimestre 2018, en dépit des signaux de modération qui ont émergé au cours des derniers mois. Le PIB a progressé de 0,6% en glissement trimestriel, après 0,8% au T3. La croissance a reposé une nouvelle fois sur la vigueur de la consommation et de l’investissement des entreprises. Concernant le marché du travail, l’économie américaine a maintenu un rythme de création de postes très soutenu en janvier avec 304 000 postes, après 222 000 en décembre. Du côté des salaires, la croissance annuelle reste solide à 3,2%. En matière de politique monétaire, la patience reste de mise quant au prochain mouvement de taux directeur. Le processus de réduction du bilan de la Réserve Fédérale pourrait prendre fin sur le second semestre 2019, selon les minutes de la réunion du FOMC de janvier. Le comité prévoit de communiquer prochainement sur un arrêt de la baisse des réinvestissements. Dans l’industrie, les indicateurs d’enquête se sont globalement redressés en janvier et février, après la forte baisse enregistrée en décembre. Les données réelles, telles que les commandes à l’industrie et la production décrivent toutefois une modération du dynamisme du secteur. Sur le plan international, les négociations commerciales avec la Chine ont connu des avancées au cours du mois. Le Président Trump a ainsi annoncé une prolongation des discussions au-delà du 1er mars et évoqué la possibilité d’un accord dans les prochaines semaines.

 

 

europe

En Zone Euro, le ralentissement de l’économie sur la fin d’année s’est confirmé dans les publications du PIB tandis que les indicateurs publiés sur le mois décrivent toujours une croissance faible. Dans ce contexte, la Commission Européenne a significativement revu ses prévisions de croissance à la baisse pour la zone et anticipe désormais une croissance de 1,3% en 2019. En 2018, l’Allemagne a fortement ralenti sur la fin de l’année mais évite la récession en affichant au quatrième trimestre une croissance nulle, portant ainsi la croissance annuelle moyenne du pays à 1,5% (en recul par rapport à l’année précédente). En ce début d’année, la faiblesse de l’activité semble se prolonger au sein du secteur manufacturier. L’indicateur PMI du secteur passe sous le seuil de contraction, tiré à la baisse par la mauvaise orientation du secteur manufacturier allemand et italien. La dynamique est en revanche plus encourageante du côté des services, en particulier en Allemagne où la demande interne pourrait apporter un soutien. Du côté du marché du travail, le taux de chômage poursuit son déclin tendanciel pour atteindre 7,8%, son plus faible niveau depuis 2008. Au niveau politique, le mois aura été marqué par la convocation d’élections législatives anticipées le 28 avril par le Premier ministre espagnole P. Sanchez, suite à l’échec du vote du budget 2019.

Au Royaume-Uni, la Première ministre, toujours en pourparlers avec UE, devrait soumettre le texte issu des négociations au vote du parlement britannique le 12 mars. Face à des députés majoritairement hostiles à une sortie sans accord, Theresa May a fait une concession en donnant à la chambre des Communes la possibilité de voter pour un décalage de la date de sortie, en cas de rejet du nouveau texte par le parlement.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les signaux de fléchissement de l’activité se sont renforcés. La production industrielle enregistre une baisse de 3,7% en glissement mensuel en janvier, confirmant la contraction de l’activité industrielle suggérée par le PMI manufacturier de février, à 48,5.

En Chine, la modération dans l’industrie persiste en ce début d’année. Les indicateurs PMI manufacturiers se sont maintenus sous le seuil de 50 en février qui indique une contraction de l’activité. Sur le plan du commerce extérieur, l’excédent de la balance des biens s’est réduit en janvier, passant de 57 Mds$ à 39Mds$, sous l’effet d’une hausse marquée des importations.

En Inde, le mois a été marqué par une très vive montée de tensions avec le voisin pakistanais.

 

 

 

Janvier 2019

En bref

C’est dans un contexte d’incertitudes élevées que s’ouvre l’année 2019. Les interrogations concernant l’avancée des négociations commerciales sino-américaines, le ralentissement apparent de l’économie chinoise mais aussi l’épineuse question du Brexit constituent autant de risques potentiels pour l’économie mondiale, qui semble marquer le pas en ce début d’année. Le FMI a ainsi revu à la baisse ses perspectives de croissance pour l’année 2019 et 2020. Pour autant, la dégradation de l’activité est hétérogène et touche principalement la Zone euro. L’économie américaine, pour sa part, maintient une activité solide. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,3% et termine le mois à près de 1,148 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 15% et termine à 61,9 dollars.

 

Pierre Bossuet, le 4 février 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, la période a été marquée par la fermeture partielle du gouvernement fédéral durant 35 jours, jusqu’au 25 janvier, date à laquelle Donald Trump a signé une loi permettant la reprise des activités durant trois semaines sans pour autant parvenir à un accord avec les Représentants Démocrates de la chambre autour de la question du financement du mur à la frontière mexicaine. Du côté de l’activité, les indicateurs de confiance montrent une modération de l’optimisme sans qu’on observe toutefois de décrochage dans les chiffres d’activité. Dans le secteur manufacturier, les indicateurs d’enquête demeurent sur des niveaux indiquant une expansion tandis que la production industrielle continue de progresser en décembre. Du côté des ménages, on observe une dynamique similaire avec une confiance en léger repli mais sur des niveaux élevés. Le marché du travail demeure par ailleurs très bien orienté en décembre et en janvier avec un rythme de création de postes encore très soutenu. Enfin du côté de la Réserve Fédérale américaine, le comité de politique monétaire a significativement infléchi son discours en ne faisant plus référence dans son communiqué à une poursuite de son resserrement monétaire. Face à un contexte économique mondial perturbé, la Réserve Fédérale invoque dorénavant la « patience » et semble donc s’orienter vers une pause durable de son cycle de resserrement.

 

 

 

europe

En Zone Euro, les données du mois montrent que les économies traversent une zone de turbulence. Des chocs de nature a priori transitoires, comme l’introduction de nouvelles normes dans le secteur automobile ou le mouvement des « gilets jaunes » en France, ont en effet perturbé l’activité. Au quatrième trimestre, l’activité ralentit avec un taux annuel de croissance de 1,2%. Les performances par pays sont, encore une fois, assez hétérogènes. Sur le quatrième trimestre, l’activité demeure robuste en Espagne, se maintient en France mais se contracte en Italie pour le deuxième trimestre consécutif, ce qui place le pays en récession. En Allemagne, la croissance devrait progresser faiblement durant la période. Sur la fin d’année, les données d’activité en Allemagne et en France confirment ce ralentissement avec des chiffres décevants dans l’industrie en novembre ainsi qu’une contraction de la consommation en décembre. Les indicateurs de confiance indiquent par ailleurs une détérioration du climat des affaires sur le début d’année.

Au Royaume-Uni, le mois a été principalement marqué par les négociations du Brexit. Après avoir massivement rejeté l’accord de retrait issu des négociations entre l’Union Européenne, les députés de la chambre des Communes ont voté pour une renégociation du point le plus controversé de l’accord, la solution de recours pour l’Irlande du Nord. Theresa May a désormais jusqu’au 13 février pour obtenir un nouvel accord auprès des Européens afin de le soumettre à un nouveau vote des parlementaires britanniques. A quelques semaines de la sortie du pays, l’incertitude demeure donc très élevée et cela d’autant plus que l’Union Européenne a annoncé ne pas vouloir renégocier la solution de recours.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, l’économie montre, elle aussi, des signes de ralentissement. La production industrielle recule au mois de novembre tandis que les indices de confiance décrivent une dégradation du climat des affaires, en particulier dans le secteur manufacturier. 

En Chine, les données confirment le ralentissement graduel de l’activité. La croissance du pays atteint 6,6% en moyenne en 2018 contre 6,8% l’année précédente. L’investissement comme les ventes aux détail apparaissent en stabilisation mais se situent sur des niveaux historiquement faibles. Dans le secteur manufacturier, l’indice PMI publié par Markit, passe sous la barre des 50, signe d’une contraction de l’activité. Dans ce contexte, la Banque Centrale Chinoise a pris une nouvelle mesure visant à renforcer la croissance du crédit en annonçant une baisse du coefficient de réserves obligatoires des banques chinoises. Parallèlement, les autorités ont également dévoilé un plan de soutien au secteur automobile visant à relancer la demande. 

 

 

Décembre 2018

En bref

Le mois a été marqué par un amoindrissement des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que par la hausse de la fourchette de taux directeur de la Fed et l’arrêt du programme d’achat d’actifs de la BCE. L’actualité politique européenne sur le mois a été chargée, et les données publiées concernant la zone sont en demi-teinte. En Chine, l’activité continue de se modérer, tandis qu’aux Etats-Unis, les données sont restées bien orientées. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 8,4%, à 53,8 dollars. Sur le marché des changes, l’euro progresse de 0,8% contre dollar et termine le mois à 1,1450 dollar pour un euro.

 

Marie Thibout, le 28 décembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, la période aura été marquée sur le plan politique par des avancées concernant les relations commerciales avec la Chine, ainsi que par la fermeture partielle d’agences du gouvernement en fin de mois, les parlementaires américains n’ayant pas réussi à s’entendre sur la formation d’un budget et sur les dépenses liées à la sécurité à la frontière. En marge de la réunion du G20, Donald Trump et Xi Jinping ont trouvé un compromis, selon lequel les Etats-Unis s’engageraient à maintenir le statu quo sur le plan des tarifs douaniers jusqu’au 1er mars 2019, en échange de quoi, la Chine s’engage à acheter des quantités très substantielles de produits agricoles, énergétiques, et de biens industriels en provenance des Etats-Unis. Concernant les données économiques, les publications montrent toujours une activité américaine dynamique. Ainsi, les créations d’emploi sont encore bien orientées en novembre, le taux de chômage est stable et faible, à 3,7% et la consommation robuste. L’indicateur de confiance ISM indique une activité industrielle en hausse, et la production progresse de 4% en rythme annuel. Seul le secteur immobilier montre des signes de modération. Dans ce contexte, la réserve fédérale américaine a une nouvelle fois rehaussé sa fourchette de taux directeur de 25 points de base, la portant à [2,25% ; 2,50%]. 

 

 

 

europe

En Europe, le contexte politique et social a été chahuté sur le mois. Les échanges entre la Commission européenne et le gouvernement italien ont occupé le devant de la scène, avant qu’un accord soit trouvé : l’exécutif italien a finalement décidé de réduire quelque peu ses ambitions budgétaires et prévoit désormais un déficit public autour de 2% du PIB contre 2,4% lors de la première mouture en octobre.

En France, les prévisions de croissance pour le 4e trimestre de la Banque de France ont été revues à la baisse, à 0,2% en raison des mouvements sociaux qui ont débuté au cours du mois de novembre. Afin de répondre aux « gilets jaunes », E. Macron a annoncé une série de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Le coût de ces mesures représente environ 10Mds€ pour l’année 2019 et devrait alourdir le déficit public (autour de 3,5% du PIB en 2019). 

Au Royaume-Uni, le vote de l’accord de retrait et de la déclaration politique sur les relations futures, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a finalement été repoussé à une date ultérieure par le gouvernement afin d’éviter un rejet trop massif. La solution de recours pour l’Irlande du Nord demeure l’un des points de crispations les plus important. Le Conseil européen a toutefois annoncé clairement qu’aucune renégociation n’était possible mais que des précisions pourraient être apportées pour faciliter la ratification du parlement britannique. Le vote de la chambre des Communes devrait avoir lieu d’ici à janvier 2019. Les données économiques publiées sur le mois pour la zone euro sont mitigées. L’indice du sentiment économique compilé par la Commission Européenne poursuit sa lente érosion sur le mois de novembre, et l’indice de confiance des directeurs d’achat PMI manufacturier pour la zone euro décélère à nouveau. La production se reprend légèrement en octobre, et enregistre une croissance annuelle stable et modeste de 1%. L’industrie allemande est toujours pénalisée par le secteur automobile. De son côté, la BCE a décidé l’arrêt du programme d’achat d’actifs (APP) dès la fin décembre. Elle continuera néanmoins de procéder au réinvestissement des remboursements au titre du principal des titres acquis dans le cadre de l’APP arrivant à échéance, pendant une période prolongée.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, le volume des échanges commerciaux se modère, et le déficit commercial s’amplifie à nouveau en novembre. La production industrielle de son côté est en retrait, et voit sa croissance annuelle décélérer à 0,5%. 

En Chine, les données d’activité du mois de novembre montrent une poursuite du ralentissement. Le rythme de croissance de l’industrie atteint ainsi un de ses niveaux les plus bas depuis la crise de 2008, et la consommation continue de décevoir, grevée par les ventes automobiles. L’évolution des flux de financement est toujours baissière, en dépit des mesures de soutien annoncées par le gouvernement et la banque centrale.

 

 

Novembre 2018

En bref

Le mois de novembre a été marqué par les enjeux politiques avec aux Etats-Unis les élections de mi-mandat et en Europe les avancées des négociations du Brexit. Le prix du baril de pétrole a poursuivi sa baisse, sur fond d’inquiétude quant à la dynamique de la croissance mondiale. L’activité reste soutenue aux Etats-Unis, mais les signaux de faiblesse en zone euro se sont multipliés. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 22% et termine à 58,7 dollars. Sur le marché des changes, l’euro progresse de 0,4% contre dollar et termine le mois à 1,136 dollar pour un euro.

 

Sébastien Berthelot, le 4 décembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat ont vu les Républicains perdre la majorité à la Chambre des Représentants au profit des Démocrates, mais renforcer leur position au Sénat. Les conséquences de ce scrutin sur le plan de la politique économique devraient être limitées. Concernant l’activité économique, les données sont restées bien orientées sur le début du quatrième trimestre. Les créations de postes ont été robustes en octobre avec 250 000 emplois supplémentaires, qui maintiennent le taux de chômage à un niveau historiquement bas à 3,7% de la population active. Dans l’industrie, on relève une érosion des données d’enquête en novembre. Bien qu’en retrait, ces indicateurs décrivent toujours une croissance solide de l’activité du secteur. Dans l’immobilier, la dynamique est restée morose en termes de ventes de logements. Sur le plan international, les sanctions contre l’Iran visant à limiter ses exportations de pétrole ont été accompagnées d’exemption pour certains pays importateurs. Cet assouplissement de la position américaine a modéré les anticipations de baisse de l’offre de pétrole et a contribué au recul du prix du baril. Enfin en marge du sommet du G20, les présidents américain, canadien et mexicain ont signé un nouvel accord commercial (USMCA) qui devrait remplacer l’ALENA après ratification par les Parlements nationaux. Concernant la Réserve fédérale, les minutes de la réunion de politique monétaire de novembre renforcent les attentes d’une hausse de taux en décembre, mais soulignent les incertitudes quant à la trajectoire du resserrement à moyen terme. Les membres du comité entendent adopter une approche flexible et mettent l’accent sur l’évolution des données futures.

 

 

europe

En Zone Euro, le flux de données d’activité publié sur le mois a confirmé une modération de la croissance. Le climat des affaires dans l’industrie et les services poursuit sur le quatrième trimestre l’érosion entamée ces derniers mois, et les consommateurs voient leur confiance s’affaiblir. Au-delà des données d’enquête, l’activité industrielle et le commerce extérieur en septembre n’ont fait que conforter le fléchissement de la croissance en zone euro. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de forte incertitude politique dominé par les débats budgétaires italiens, les négociations du Brexit et l’agitation sociale en France. Sur le premier dossier, suite à l’annonce par la Commission Européenne de la non–conformité de la proposition de budget italien pour l’année 2019 et la menace de placer le pays dans le cadre de la procédure pour déficit excessif, Luigi di Maio envisagerait finalement la possibilité d’une amélioration de la projection de déficit public, initialement prévue à 2,4%. Concernant le Brexit, les négociations sur la sortie de l’Union Européenne ont enregistré une avancée majeure. Le Conseil Européen a approuvé l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne ainsi que la déclaration politique sur les relations futures. Les textes, soutenus par Theresa May, doivent maintenant être approuvés courant décembre par la Chambre des Communes britanniques, où l’issue du vote est très incertain au regard des dissensions chez les Conservateurs.

 

ASIE-OCÉANIE

En Chine, les données à l’entrée du quatrième trimestre illustrent toujours une activité en modération. La demande des ménages ralentit. La croissance des ventes au détail passe sous la barre des 9% en rythme annuel. Par ailleurs les ventes automobiles poursuivent leur recul, en partie sous l’effet de l’arrêt des politiques de subventions à l’achat depuis la fin d’année 2017. La production industrielle enregistre une croissance annuelle relativement stable, à 5,9%. Sur le plan international, les tensions commerciales sont restées fortes avec les Etats-Unis. A quelques jours de la rencontre en marge du G20 entre le président Xi et le Président Trump, l’administration américaine a de nouveau accusé la Chine de pratiques déloyales en termes de propriété intellectuelle.

Au Japon, les données sont mitigées en ce qui concerne l’activité industrielle : si la production se reprend en octobre, l’indice de confiance des directeurs d’achat PMI dans le secteur manufacturier recule en novembre, et ne confirme pas le mouvement de reprise entamé le mois précédent. 

 

 

Octobre 2018

En bref

Dans un contexte d’incertitudes grandissantes sur la dynamique de la croissance mondiale pour les prochains trimestres, illustrées par la révision baissière des prévisions de croissance du FMI pour l’année 2019, l’environnement a une nouvelle fois été dominé par le bruit politique, autant en Europe que du côté des Etats-Unis. Sur le marché des changes, l’euro se déprécie contre dollar de 2,2% et termine le mois à 1,13 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 8,7% et termine à 75,5 dollars. 

Frédéric Kleiss, le 2 novembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’économie continue d’envoyer des signaux de dynamisme. La croissance sur le troisième trimestre s’est avérée très robuste (+0,9%), tirée principalement par la progression des dépenses de consommation. Malgré une légère érosion des indices observée en octobre du fait notamment des incertitudes sur les perspectives du commerce mondial, la confiance des agents économiques reste sur des niveaux très élevés. Les commandes industrielles témoignent de ce dynamisme avec une croissance annuelle affichée dépassant les 10%. La nouvelle baisse du taux de chômage à 3,7% de la population active et les commentaires des entreprises sur leurs difficultés à recruter confirment l’état de tension du marché de l’emploi. A contre-courant de cette dynamique favorable, le marché immobilier envoie quant à lui des signaux d’essoufflement. Relayées dans le livre Beige de la Réserve Fédérale, certaines pressions haussières sur les prix semblent se manifester en raison des hausses des coûts de livraison et des prix des intrants, imputables en partie à la hausse des tarifs douaniers décidée par l’administration Trump. A quelques semaines des élections de mi-mandat du 6 novembre, Donald Trump a dénoncé, dans une critique aussi directe qu’inédite, la politique monétaire trop agressive de la Réserve Fédérale qui est engagée dans le relèvement de son taux directeur. Sur le plan international, les gouvernements américain et canadien ont fini par trouver un terrain d’entente pour moderniser l’ALENA, qui fera place à un nouvel accord, l’USMCA (United States Mexico Canada Agreement) qui devrait être soumis au vote des parlements des trois pays au cours du premier semestre 2019. Ce texte prévoit entre autres des règles d’origine plus strictes pour l’industrie automobile, ainsi que l’assouplissement des règles pour les exportations de produits laitiers américains vers le Canada.

 

 

europe

En Zone Euro, l’actualité du mois a été dominée par les incertitudes politiques dans un contexte de modération de l’activité économique sur le troisième trimestre. Un bras de fer entre les autorités italiennes et la Commission Européenne s’est donc engagé à l’issue de la présentation par le gouvernement italien d’une proposition de budget ne respectant pas les engagements du pays envers l’Europe. Après étude de cette proposition, la Commission Européenne a demandé à l’Italie de revoir sa copie en émettant un avis négatif sur ce budget. L’Italie devra sur le début du mois de novembre apporter des éléments d’explication à cette déviation de leur déficit. En Allemagne, les résultats électoraux décevants des partis membres de la coalition fédérale aux élections régionales de Bavière et en Hesse poussent la chancelière Angela Merkel à annoncer la fin de sa carrière politique à l’issue de son mandat actuel de chancelière qui prendra fin en 2021. 

Au Royaume-Uni, enfin, bien que les pourparlers continuent avec l’Union Européenne, les modalités finales du BREXIT peinent toujours à être fixées, maintenant un haut degré d’incertitude.

 

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données publiées sur le mois sont décevantes en ce qui concerne le cycle industriel : la production baisse sensiblement en septembre, et enregistre une contraction annuelle de près de 1%. Sur le plan monétaire, la Banque du Japon a laissé sa politique inchangée lors de la réunion d’octobre.

En Chine, les signaux de ralentissement de l’activité se multiplient. Afin de limiter le freinage excessif de la croissance et relancer l’activité, les autorités chinoises ont annoncé la mise en place de mesures de soutien à l’économie. Le gouvernement chinois a entre autres annoncé des baisses de taxes sur les exportations de 397 biens, précisé la nature des allègements fiscaux qu’il avait préannoncés sur l’été, à l’image du relèvement du niveau de revenu minimum imposable. Des mesures de soutien au secteur financier ont également été annoncées par la Banque Centrale et le régulateur chinois, comme la facilitation des émissions d’obligations privées ainsi qu’un programme d’investissement visant à éviter un asséchement de la liquidité sur le marché actions chinois.

 

 

 

Septembre 2018

En bref

Les nouveaux développements de la politique commerciale américaine, la hausse des taux directeurs de la Réserve Fédérale Américaine (FED) mais aussi le resserrement monétaire des banques centrales émergentes auront occupé l’essentiel de l’actualité du mois de septembre. Sur le plan des publications, les données américaines demeurent robustes tandis que la dynamique en zone euro, plus hétérogène, se modère. Sur le marché des changes, l’euro se déprécie contre dollar de 0,6% et termine le mois à 1,16 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 6,9% et termine à 82,7 dollars.

 

Pierre Bossuet, le 2 octobre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les publications du mois témoignent de la bonne orientation de l’économie américaine. Dans l’industrie, la production augmente en août de 4,9% sur l’année, son plus haut niveau depuis 2010 tandis que les commandes, bien qu’affectées par la volatilité des commandes aéronautiques, demeurent solides. Ce dynamisme va de pair avec une confiance élevée : l’indicateur ISM manufacturier enregistre ainsi un rebond significatif en août (à 61,3 points). Du côté des ménages, la consommation demeure robuste comme l’illustrent le dynamisme des ventes au détail au mois d’août et l’indicateur de confiance du consommateur du Conference Board, qui atteint un plus haut depuis 18 ans en septembre. Au mois d’août, la dynamique des prix ralentit légèrement. L’inflation annuelle atteint ainsi 2,7%. Retranchée des prix de l’énergie et des produits alimentaires, elle ralentit également à 2,2%. Du côté de la politique monétaire, la FED a procédé, comme attendu, à un relèvement de son taux directeur de 0,25%, le faisant ainsi passer à [2 ; 2,25%]. Dans son communiqué, le comité de politique monétaire se montre plus optimiste quant à l’évolution de l’économie et augmente ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019. Il retire également la mention stipulant l’orientation « accommodante » de la politique monétaire. Enfin, sur le plan commercial, l’administration américaine poursuit sa stratégie de redéfinition de l’organisation du commerce international avec la mise en place d’une hausse des droits de douanes de 10% sur 200 mds$ d’importations en provenance de Chine. En représailles, Pékin annonce une hausse des droits de douanes de 5 à 10% sur 60 mds$ de biens américains. Face à la réplique chinoise, D. Trump menace de taxer 267 mds$ supplémentaires, soit la totalité des importations en provenance de Chine. Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique annoncent par ailleurs avoir trouvé un accord dans le cadre des renégociations de l’ALENA.

 

europe

En Zone Euro,les statistiques du mois offrent un bilan contrasté, marqué par une hétérogénéité croissante entre les pays. La production industrielle se replie sur le mois de juillet (-0,8% sur l’an), pénalisée par la contraction de la production de véhicules en Allemagne et en Italie et ce malgré la progression du secteur manufacturier en France. L’indicateur PMI fait par ailleurs état d’un freinage de l’activité dans le secteur manufacturier en septembre (53,5, plus bas en deux ans). Du côté de la consommation, la situation apparaît, là aussi, hétérogène. Les ventes au détail reculent en Espagne et en Allemagne au mois de juillet mais les nouvelles immatriculations rebondissent nettement au mois d’août dans l’ensemble de la Zone Euro. Enfin, les dépenses de ménages progressent de 0,8% en France sur le mois d’août. Sur le plan politique, le gouvernement italien a finalement présenté son projet de budget 2019. Ce dernier prévoit un accroissement significatif des dépenses publiques qui se traduirait par une accentuation du déficit public (2,4% du PIB en 2019).

Au Royaume-Uni, le mois est marqué par l’absence d’avancées sur les négociations du Brexit. Aucun accord n’émerge du sommet informel de Salzbourg où les deux partis campent sur leurs positions.

 

ASIE-OCÉANIE

 

Au Japon, la dynamique industrielle se modère alors que la production plafonne et que les entreprises font preuve d’un moindre optimisme. Sur le plan de la consommation, les dépenses des ménages stagnent sur l’année en juillet et ce malgré un environnement salarial toujours encourageant (les salaires nominaux progressent de 1,5% en juillet). Côté prix, l’inflation progresse modestement en août et s’établit à 1,3%. Sur le plan politique, S. Abe est réélu à la tête du parti libéral japonais (LDP), lui permettant ainsi de rester en place jusqu’aux prochaines élections générales.

En Chine, les indicateurs de confiance dans le secteur manufacturier ralentissent à nouveau en septembre tandis que les données publiées sur le mois d’août illustrent toujours une certaine faiblesse de l’investissement, dont la croissance s’établit à 4,6%. Enfin, l’excédent commercial reste relativement stable en août à 28 milliards de dollars. Les échanges commerciaux demeurent dynamiques mais les importations enregistrent une progression plus rapide que les exportations.

 

 

 

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