Environnement Économique

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Décembre 2018

En bref

Le mois a été marqué par un amoindrissement des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que par la hausse de la fourchette de taux directeur de la Fed et l’arrêt du programme d’achat d’actifs de la BCE. L’actualité politique européenne sur le mois a été chargée, et les données publiées concernant la zone sont en demi-teinte. En Chine, l’activité continue de se modérer, tandis qu’aux Etats-Unis, les données sont restées bien orientées. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 8,4%, à 53,8 dollars. Sur le marché des changes, l’euro progresse de 0,8% contre dollar et termine le mois à 1,1450 dollar pour un euro.

 

Marie Thibout, le 28 décembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, la période aura été marquée sur le plan politique par des avancées concernant les relations commerciales avec la Chine, ainsi que par la fermeture partielle d’agences du gouvernement en fin de mois, les parlementaires américains n’ayant pas réussi à s’entendre sur la formation d’un budget et sur les dépenses liées à la sécurité à la frontière. En marge de la réunion du G20, Donald Trump et Xi Jinping ont trouvé un compromis, selon lequel les Etats-Unis s’engageraient à maintenir le statu quo sur le plan des tarifs douaniers jusqu’au 1er mars 2019, en échange de quoi, la Chine s’engage à acheter des quantités très substantielles de produits agricoles, énergétiques, et de biens industriels en provenance des Etats-Unis. Concernant les données économiques, les publications montrent toujours une activité américaine dynamique. Ainsi, les créations d’emploi sont encore bien orientées en novembre, le taux de chômage est stable et faible, à 3,7% et la consommation robuste. L’indicateur de confiance ISM indique une activité industrielle en hausse, et la production progresse de 4% en rythme annuel. Seul le secteur immobilier montre des signes de modération. Dans ce contexte, la réserve fédérale américaine a une nouvelle fois rehaussé sa fourchette de taux directeur de 25 points de base, la portant à [2,25% ; 2,50%]. 

 

 

 

europe

En Europe, le contexte politique et social a été chahuté sur le mois. Les échanges entre la Commission européenne et le gouvernement italien ont occupé le devant de la scène, avant qu’un accord soit trouvé : l’exécutif italien a finalement décidé de réduire quelque peu ses ambitions budgétaires et prévoit désormais un déficit public autour de 2% du PIB contre 2,4% lors de la première mouture en octobre.

En France, les prévisions de croissance pour le 4e trimestre de la Banque de France ont été revues à la baisse, à 0,2% en raison des mouvements sociaux qui ont débuté au cours du mois de novembre. Afin de répondre aux « gilets jaunes », E. Macron a annoncé une série de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Le coût de ces mesures représente environ 10Mds€ pour l’année 2019 et devrait alourdir le déficit public (autour de 3,5% du PIB en 2019). 

Au Royaume-Uni, le vote de l’accord de retrait et de la déclaration politique sur les relations futures, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a finalement été repoussé à une date ultérieure par le gouvernement afin d’éviter un rejet trop massif. La solution de recours pour l’Irlande du Nord demeure l’un des points de crispations les plus important. Le Conseil européen a toutefois annoncé clairement qu’aucune renégociation n’était possible mais que des précisions pourraient être apportées pour faciliter la ratification du parlement britannique. Le vote de la chambre des Communes devrait avoir lieu d’ici à janvier 2019. Les données économiques publiées sur le mois pour la zone euro sont mitigées. L’indice du sentiment économique compilé par la Commission Européenne poursuit sa lente érosion sur le mois de novembre, et l’indice de confiance des directeurs d’achat PMI manufacturier pour la zone euro décélère à nouveau. La production se reprend légèrement en octobre, et enregistre une croissance annuelle stable et modeste de 1%. L’industrie allemande est toujours pénalisée par le secteur automobile. De son côté, la BCE a décidé l’arrêt du programme d’achat d’actifs (APP) dès la fin décembre. Elle continuera néanmoins de procéder au réinvestissement des remboursements au titre du principal des titres acquis dans le cadre de l’APP arrivant à échéance, pendant une période prolongée.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, le volume des échanges commerciaux se modère, et le déficit commercial s’amplifie à nouveau en novembre. La production industrielle de son côté est en retrait, et voit sa croissance annuelle décélérer à 0,5%. 

En Chine, les données d’activité du mois de novembre montrent une poursuite du ralentissement. Le rythme de croissance de l’industrie atteint ainsi un de ses niveaux les plus bas depuis la crise de 2008, et la consommation continue de décevoir, grevée par les ventes automobiles. L’évolution des flux de financement est toujours baissière, en dépit des mesures de soutien annoncées par le gouvernement et la banque centrale.

 

 

Novembre 2018

En bref

Le mois de novembre a été marqué par les enjeux politiques avec aux Etats-Unis les élections de mi-mandat et en Europe les avancées des négociations du Brexit. Le prix du baril de pétrole a poursuivi sa baisse, sur fond d’inquiétude quant à la dynamique de la croissance mondiale. L’activité reste soutenue aux Etats-Unis, mais les signaux de faiblesse en zone euro se sont multipliés. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 22% et termine à 58,7 dollars. Sur le marché des changes, l’euro progresse de 0,4% contre dollar et termine le mois à 1,136 dollar pour un euro.

 

Sébastien Berthelot, le 4 décembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat ont vu les Républicains perdre la majorité à la Chambre des Représentants au profit des Démocrates, mais renforcer leur position au Sénat. Les conséquences de ce scrutin sur le plan de la politique économique devraient être limitées. Concernant l’activité économique, les données sont restées bien orientées sur le début du quatrième trimestre. Les créations de postes ont été robustes en octobre avec 250 000 emplois supplémentaires, qui maintiennent le taux de chômage à un niveau historiquement bas à 3,7% de la population active. Dans l’industrie, on relève une érosion des données d’enquête en novembre. Bien qu’en retrait, ces indicateurs décrivent toujours une croissance solide de l’activité du secteur. Dans l’immobilier, la dynamique est restée morose en termes de ventes de logements. Sur le plan international, les sanctions contre l’Iran visant à limiter ses exportations de pétrole ont été accompagnées d’exemption pour certains pays importateurs. Cet assouplissement de la position américaine a modéré les anticipations de baisse de l’offre de pétrole et a contribué au recul du prix du baril. Enfin en marge du sommet du G20, les présidents américain, canadien et mexicain ont signé un nouvel accord commercial (USMCA) qui devrait remplacer l’ALENA après ratification par les Parlements nationaux. Concernant la Réserve fédérale, les minutes de la réunion de politique monétaire de novembre renforcent les attentes d’une hausse de taux en décembre, mais soulignent les incertitudes quant à la trajectoire du resserrement à moyen terme. Les membres du comité entendent adopter une approche flexible et mettent l’accent sur l’évolution des données futures.

 

 

europe

En Zone Euro, le flux de données d’activité publié sur le mois a confirmé une modération de la croissance. Le climat des affaires dans l’industrie et les services poursuit sur le quatrième trimestre l’érosion entamée ces derniers mois, et les consommateurs voient leur confiance s’affaiblir. Au-delà des données d’enquête, l’activité industrielle et le commerce extérieur en septembre n’ont fait que conforter le fléchissement de la croissance en zone euro. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de forte incertitude politique dominé par les débats budgétaires italiens, les négociations du Brexit et l’agitation sociale en France. Sur le premier dossier, suite à l’annonce par la Commission Européenne de la non–conformité de la proposition de budget italien pour l’année 2019 et la menace de placer le pays dans le cadre de la procédure pour déficit excessif, Luigi di Maio envisagerait finalement la possibilité d’une amélioration de la projection de déficit public, initialement prévue à 2,4%. Concernant le Brexit, les négociations sur la sortie de l’Union Européenne ont enregistré une avancée majeure. Le Conseil Européen a approuvé l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne ainsi que la déclaration politique sur les relations futures. Les textes, soutenus par Theresa May, doivent maintenant être approuvés courant décembre par la Chambre des Communes britanniques, où l’issue du vote est très incertain au regard des dissensions chez les Conservateurs.

 

ASIE-OCÉANIE

En Chine, les données à l’entrée du quatrième trimestre illustrent toujours une activité en modération. La demande des ménages ralentit. La croissance des ventes au détail passe sous la barre des 9% en rythme annuel. Par ailleurs les ventes automobiles poursuivent leur recul, en partie sous l’effet de l’arrêt des politiques de subventions à l’achat depuis la fin d’année 2017. La production industrielle enregistre une croissance annuelle relativement stable, à 5,9%. Sur le plan international, les tensions commerciales sont restées fortes avec les Etats-Unis. A quelques jours de la rencontre en marge du G20 entre le président Xi et le Président Trump, l’administration américaine a de nouveau accusé la Chine de pratiques déloyales en termes de propriété intellectuelle.

Au Japon, les données sont mitigées en ce qui concerne l’activité industrielle : si la production se reprend en octobre, l’indice de confiance des directeurs d’achat PMI dans le secteur manufacturier recule en novembre, et ne confirme pas le mouvement de reprise entamé le mois précédent. 

 

 

Octobre 2018

En bref

Dans un contexte d’incertitudes grandissantes sur la dynamique de la croissance mondiale pour les prochains trimestres, illustrées par la révision baissière des prévisions de croissance du FMI pour l’année 2019, l’environnement a une nouvelle fois été dominé par le bruit politique, autant en Europe que du côté des Etats-Unis. Sur le marché des changes, l’euro se déprécie contre dollar de 2,2% et termine le mois à 1,13 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 8,7% et termine à 75,5 dollars. 

Frédéric Kleiss, le 2 novembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’économie continue d’envoyer des signaux de dynamisme. La croissance sur le troisième trimestre s’est avérée très robuste (+0,9%), tirée principalement par la progression des dépenses de consommation. Malgré une légère érosion des indices observée en octobre du fait notamment des incertitudes sur les perspectives du commerce mondial, la confiance des agents économiques reste sur des niveaux très élevés. Les commandes industrielles témoignent de ce dynamisme avec une croissance annuelle affichée dépassant les 10%. La nouvelle baisse du taux de chômage à 3,7% de la population active et les commentaires des entreprises sur leurs difficultés à recruter confirment l’état de tension du marché de l’emploi. A contre-courant de cette dynamique favorable, le marché immobilier envoie quant à lui des signaux d’essoufflement. Relayées dans le livre Beige de la Réserve Fédérale, certaines pressions haussières sur les prix semblent se manifester en raison des hausses des coûts de livraison et des prix des intrants, imputables en partie à la hausse des tarifs douaniers décidée par l’administration Trump. A quelques semaines des élections de mi-mandat du 6 novembre, Donald Trump a dénoncé, dans une critique aussi directe qu’inédite, la politique monétaire trop agressive de la Réserve Fédérale qui est engagée dans le relèvement de son taux directeur. Sur le plan international, les gouvernements américain et canadien ont fini par trouver un terrain d’entente pour moderniser l’ALENA, qui fera place à un nouvel accord, l’USMCA (United States Mexico Canada Agreement) qui devrait être soumis au vote des parlements des trois pays au cours du premier semestre 2019. Ce texte prévoit entre autres des règles d’origine plus strictes pour l’industrie automobile, ainsi que l’assouplissement des règles pour les exportations de produits laitiers américains vers le Canada.

 

 

europe

En Zone Euro, l’actualité du  mois a été dominée par les incertitudes politiques dans un contexte de modération de l’activité économique sur le troisième trimestre. Un bras de fer entre les autorités italiennes et la Commission Européenne s’est donc engagé à l’issue de la présentation par le gouvernement italien d’une proposition de budget ne respectant pas les engagements du pays envers l’Europe. Après étude de cette proposition, la Commission Européenne a demandé à l’Italie de revoir sa copie en émettant un avis négatif sur ce budget. L’Italie devra sur le début du mois de novembre apporter des éléments d’explication à cette déviation de leur déficit. En Allemagne, les résultats électoraux décevants des partis membres de la coalition fédérale aux élections régionales de Bavière et en Hesse poussent la chancelière Angela Merkel à annoncer la fin de sa carrière politique à l’issue de son mandat actuel de chancelière qui prendra fin en 2021. 

Au Royaume-Uni, enfin, bien que les pourparlers continuent avec l’Union Européenne, les modalités finales du BREXIT peinent toujours à être fixées, maintenant un haut degré d’incertitude.

 

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données publiées sur le mois sont décevantes en ce qui concerne le cycle industriel : la production baisse sensiblement en septembre, et enregistre une contraction annuelle de près de 1%. Sur le plan monétaire, la Banque du Japon a laissé sa politique inchangée lors de la réunion d’octobre.

En Chine, les signaux de ralentissement de l’activité se multiplient. Afin de limiter le freinage excessif de la croissance et relancer l’activité, les autorités chinoises ont annoncé la mise en place de mesures de soutien à l’économie. Le gouvernement chinois a entre autres annoncé des baisses de taxes sur les exportations de 397 biens, précisé la nature des allègements fiscaux qu’il avait préannoncés sur l’été, à l’image du relèvement du niveau de revenu minimum imposable. Des mesures de soutien au secteur financier ont également été annoncées par la Banque Centrale et le régulateur chinois, comme la facilitation des émissions d’obligations privées ainsi qu’un programme d’investissement visant à éviter un asséchement de la liquidité sur le marché actions chinois.

 

 

 

Septembre 2018

En bref

Les nouveaux développements de la politique commerciale américaine, la hausse des taux directeurs de la Réserve Fédérale Américaine (FED) mais aussi le resserrement monétaire des banques centrales émergentes auront occupé l’essentiel de l’actualité du mois de septembre. Sur le plan des publications, les données américaines demeurent robustes tandis que la dynamique en zone euro, plus hétérogène, se modère. Sur le marché des changes, l’euro se déprécie contre dollar de 0,6% et termine le mois à 1,16 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 6,9% et termine à 82,7 dollars.

 

Pierre Bossuet, le 2 octobre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les publications du mois témoignent de la bonne orientation de l’économie américaine. Dans l’industrie, la production augmente en août de 4,9% sur l’année, son plus haut niveau depuis 2010 tandis que les commandes, bien qu’affectées par la volatilité des commandes aéronautiques, demeurent solides. Ce dynamisme va de pair avec une confiance élevée : l’indicateur ISM manufacturier enregistre ainsi un rebond significatif en août (à 61,3 points). Du côté des ménages, la consommation demeure robuste comme l’illustrent le dynamisme des ventes au détail au mois d’août et l’indicateur de confiance du consommateur du Conference Board, qui atteint un plus haut depuis 18 ans en septembre. Au mois d’août, la dynamique des prix ralentit légèrement. L’inflation annuelle atteint ainsi 2,7%. Retranchée des prix de l’énergie et des produits alimentaires, elle ralentit également à 2,2%. Du côté de la politique monétaire, la FED a procédé, comme attendu, à un relèvement de son taux directeur de 0,25%, le faisant ainsi passer à [2 ; 2,25%]. Dans son communiqué, le comité de politique monétaire se montre plus optimiste quant à l’évolution de l’économie et augmente ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019. Il retire également la mention stipulant l’orientation « accommodante » de la politique monétaire. Enfin, sur le plan commercial, l’administration américaine poursuit sa stratégie de redéfinition de l’organisation du commerce international avec la mise en place d’une hausse des droits de douanes de 10% sur 200 mds$ d’importations en provenance de Chine. En représailles, Pékin annonce une hausse des droits de douanes de 5 à 10% sur 60 mds$ de biens américains. Face à la réplique chinoise, D. Trump menace de taxer 267 mds$ supplémentaires, soit la totalité des importations en provenance de Chine. Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique annoncent par ailleurs avoir trouvé un accord dans le cadre des renégociations de l’ALENA.

 

europe

En Zone Euro,les statistiques du mois offrent un bilan contrasté, marqué par une hétérogénéité croissante entre les pays. La production industrielle se replie sur le mois de juillet (-0,8% sur l’an), pénalisée par la contraction de la production de véhicules en Allemagne et en Italie et ce malgré la progression du secteur manufacturier en France. L’indicateur PMI fait par ailleurs état d’un freinage de l’activité dans le secteur manufacturier en septembre (53,5, plus bas en deux ans). Du côté de la consommation, la situation apparaît, là aussi, hétérogène. Les ventes au détail reculent en Espagne et en Allemagne au mois de juillet mais les nouvelles immatriculations rebondissent nettement au mois d’août dans l’ensemble de la Zone Euro. Enfin, les dépenses de ménages progressent de 0,8% en France sur le mois d’août. Sur le plan politique, le gouvernement italien a finalement présenté son projet de budget 2019. Ce dernier prévoit un accroissement significatif des dépenses publiques qui se traduirait par une accentuation du déficit public (2,4% du PIB en 2019).

Au Royaume-Uni, le mois est marqué par l’absence d’avancées sur les négociations du Brexit. Aucun accord n’émerge du sommet informel de Salzbourg où les deux partis campent sur leurs positions.

 

ASIE-OCÉANIE

 

Au Japon, la dynamique industrielle se modère alors que la production plafonne et que les entreprises font preuve d’un moindre optimisme. Sur le plan de la consommation, les dépenses des ménages stagnent sur l’année en juillet et ce malgré un environnement salarial toujours encourageant (les salaires nominaux progressent de 1,5% en juillet). Côté prix, l’inflation progresse modestement en août et s’établit à 1,3%. Sur le plan politique, S. Abe est réélu à la tête du parti libéral japonais (LDP), lui permettant ainsi de rester en place jusqu’aux prochaines élections générales.

En Chine, les indicateurs de confiance dans le secteur manufacturier ralentissent à nouveau en septembre tandis que les données publiées sur le mois d’août illustrent toujours une certaine faiblesse de l’investissement, dont la croissance s’établit à 4,6%. Enfin, l’excédent commercial reste relativement stable en août à 28 milliards de dollars. Les échanges commerciaux demeurent dynamiques mais les importations enregistrent une progression plus rapide que les exportations.

 

 

Août 2018

En bref

L’actualité du mois d’août a été marquée par les fortes dépréciations de devises de certains pays émergents aux fondamentaux plus fragiles ou en proie à une montée des tensions avec l’administration américaine, comme en premier lieu la livre turque, le peso argentin ou encore dans une moindre mesure le rouble. Sur le plan des publications, les données américaines illustrent toujours une situation favorable, tandis que l’activité en zone euro se maintient sur des rythmes de croissance positifs mais plus faibles qu’en fin d’année passée. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,8% et termine le mois à 1,16 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 4% et termine à 77 dollars.

 

Marie Thibout, le 3 septembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les nombreuses publications économiques sur le mois décrivent une situation conjoncturelle toujours favorable. L’indice de confiance des directeurs d’achats ISM dans le secteur manufacturier illustre toujours une croissance soutenue de l’activité. En tendance, l’industrie manufacturière croît de 2,8% sur un an et fait preuve d’un dynamisme qu’elle n’avait plus connu depuis 2012. La vigueur du marché de l’emploi se poursuit avec 157 000 postes créés en juillet, et une nouvelle baisse du taux de chômage à 3,9%. Dans ce contexte, la consommation des ménages américains affiche toujours une tendance solide, la croissance annuelle des dépenses de consommation accélérant ainsi à 2,8%. A l’inverse, les données dans le secteur immobilier restent quelque peu décevantes en juillet. Concernant les prix, l’inflation se stabilise sur le mois à 2,9%. Enfin, sur le plan commercial, les tensions avec la Chine restent vives : la deuxième tranche de droits de douanes supplémentaires portant sur 16 Mds$ d’importations américaines en provenance de Chine est entrée en vigueur. Réciproquement, la Chine a fait de même pour les importations de biens américains, pour un montant similaire. L’administration Trump envisagerait désormais de taxer 200 Mds$ d’importations supplémentaires en provenance de Chine. 

 

 

europe

En zone euro, l’activité poursuit son expansion, à un rythme plus modéré que celui constaté en 2017. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a légèrement décéléré au 2e trimestre, avec une progression modeste de 0,3%. Cela se traduit par un fléchissement de la croissance à 2,1% sur un an et laisse augurer d’une croissance proche de 2% sur l’ensemble de l’année 2018. Le rythme de croissance de l’activité industrielle de la zone évolue sur des niveaux légèrement supérieurs à 2% en juin. Les données d’emploi continuent d’illustrer une amélioration du marché du travail, avec une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi en juillet, et un taux de chômage à 8,2%. La consommation progresse à nouveau en juin dans l’ensemble de la zone, bien que sa progression se modère sur un niveau légèrement supérieur à 1% en rythme annuel. Du côté des prix, l’inflation s’établit à 2,1% en juillet. Outre la vigueur du prix de l’énergie, les progrès sur l’inflation sous-jacente sont encore limités. Sur le plan politique, les membres du gouvernement italien ont soufflé le chaud et le froid au sujet des grandes lignes du budget de 2019. Certains arbitrages plus expansionnistes semblent se dessiner et le relèvement de la TVA serait écarté. Au Royaume-Uni, l’économie reprend son souffle au 2e trimestre 2018 mais demeure sur des niveaux de croissance modérés. Après un 1er trimestre décevant et marqué par les intempéries climatiques, l’activité accélère, portée par la demande intérieure. Dans ce contexte, la banque centrale a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 0,75%. Cette décision a été prise à l’unanimité, mais la banque centrale reste prudente en signalant que les hausses de taux futures seront graduelles. 

ASIE-OCÉANIE

L’économie japonaise rebondit au second trimestre, tirée par la demande domestique. Du côté du commerce, la contribution reste négative toutefois, la croissance des importations ayant été plus importante que celle des exportations. Ce phénomène s’est poursuivi en juillet, et dans ce contexte, la production industrielle reste dans son ensemble décevante sur le début du troisième trimestre. Après deux ans de statu quo monétaire, la banque centrale a apporté quelques changements à son cadre de politique monétaire, en y introduisant plus de flexibilité ainsi qu’une indication prospective sur l’évolution de ses taux. En Chine, les données économiques publiées pour le mois de juillet témoignent d’une poursuite de la modération de la croissance. Du côté des ménages, les ventes au détail affichent une croissance annuelle en décélération. Dans l’industrie, la croissance de la production reste stable à 6%, un niveau toujours modeste au regard de l’historique, tandis que la croissance de l’investissement recule à 3%. 

 

 

Juillet 2018

En bref

En juillet, les tensions commerciales entre la Chine, l’Union européenne et les Etats-Unis ont continué d’alimenter l’actualité. Dans ce contexte, le FMI juge la croissance mondiale un peu moins homogène et avertit du risque sur la croissance d’une escalade du protectionnisme. Dans les chiffres, la croissance américaine tourne à plein régime au deuxième trimestre tandis que l’activité s’est modérée en Zone euro. En Chine, le gouvernement a annoncé une série de mesures fiscales pour soutenir la croissance. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,7% et termine le mois à 1,174 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent baisse de 6,5% et termine à 74,2 dollars. 

 

Thomas Foicik, le 1er août 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’actualité a été marquée par la publication d’une croissance décrivant une économie tournant à plein régime. Ce chiffre est conforme à l’appréciation faite lors de nos perspectives économiques et financières en juin dernier. Le produit intérieur brut progresse de 1% au 2ème trimestre et croît de 2,8% par rapport à l’année dernière. Dans le détail, la croissance est équilibrée et repose sur la consommation des ménages, l’investissement et les exportations. Conformément aux données mensuelles, l’investissement résidentiel a légèrement pénalisé la croissance sur le trimestre. Du côté de la confiance des industriels, les premiers signaux à l’entrée du 3ème trimestre restent positifs d’après les enquêtes régionales de la Réserve Fédérale. Du côté des prix à la consommation, l’inflation a accéléré en juin à 2,9%, toujours portée par les prix de l’énergie. Concernant la politique commerciale, un signal d’apaisement des tensions est intervenu entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) avec l’ouverture d’une période de négociation. Les sujets sur la table seront les mesures de rétorsion dans le secteur de la métallurgie, les propositions de réforme de l’OMC et une éventuelle réduction des barrières aux échanges sur certains produits industriels. En contrepartie, l’UE serait prêt à accroître ses importations de soja et gaz naturel liquéfié en provenance des Etats-Unis. Vis-à-vis de la Chine, les relations commerciales se sont en revanche plutôt dégradées.

 

 

europe

En Zone Euro, les comptes nationaux, disponibles pour le 2ème trimestre, sont moins flatteurs qu’aux Etats-Unis. Le PIB ne progresse que de 0,3% au T2 et ralentit en termes annuels, à 2,1%. Par pays, la croissance est modeste et sans relief en France (+0,2%), en Italie (+0,2%), stable en Belgique (+0,3%) et encore dynamique en Espagne (+0,6%). Sur le trimestre, la demande étrangère semble avoir pénalisée la croissance. La modération de l’activité est également perceptible à la lecture des enquêtes de conjoncture, même si ces dernières enregistrent une stabilisation en juillet. L’indice PMI manufacturier pour la Zone euro s’établit à 55,1 points, signalant une croissance encore résistante de l’activité en ligne avec nos perspectives sur la région. Sur le marché du travail, l’amélioration se poursuit avec un taux de chômage à 8,3% de la population active en juin et les statistiques montrent une accélération des salaires sur le 1er trimestre. De son côté, l’inflation accélère en juillet à 2,1% sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, la BCE s’est montrée confiante sur la situation économique et sur l’évolution des prix en soulignant le renforcement des pressions de prix domestiques.

Au Royaume-Uni, l’actualité politique a été animée par la démission des membres les plus eurosceptiques du gouvernement et Theresa May a annoncé prendre en charge directement les négociations du Brexit avec l’Union européenne. 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, le principal événement du mois a été la réunion de la Banque du Japon. Les gouverneurs ont apporté quelques changements au cadre de politique monétaire, permettant plus de flexibilité dans l’évolution du taux souverain japonais à 10 ans, jusqu’à 0,2% contre 0,1% précédemment, mais également en s’engageant à maintenir les taux à un niveau extrêmement bas pour une période prolongée. Cette décision intervient dans un contexte d’inflation toujours très contenue (+0,7%) et de modération de l’activité manufacturière. La croissance des salaires nominaux est plus positive et accélère à 2,1% en mai. 

En Chine, la croissance affiche un léger ralentissement au 2ème trimestre, à 6,7% en rythme annuel. La bonne tenue du secteur des services a été contrebalancée par une contribution plus faible de l’industrie et négative des échanges extérieurs. Face à cette modération, et au tarissement de certains flux de financement sur la période récente, le gouvernement a annoncé une série de mesures fiscales à destination des entreprises et des ménages ainsi que l’accélération du financement de certains projets d’infrastructures par les gouvernements locaux. Le gouvernement précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une politique de relance de grande ampleur.

 

 

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