Environnement Économique

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Juin 2017

En bref

Le mois a été marqué par l’actualité politique britannique qui a pris le pas sur les publications économiques, après la perte pour la Première Ministre Theresa May de sa majorité absolue au Parlement lors des élections anticipées du 8 juin. La position du Royaume-Uni vis-à-vis de l’Union Européenne est affaiblie par ce résultat alors que les négociations de sortie ont débuté le 19 juin. Aux Etats-Unis et en zone euro, les données publiées sur la période confortent notre vision d’une amélioration conjoncturelle, tandis qu’en Chine, elles confirment la modération de l’activité au deuxième trimestre. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 1,7% et termine le mois à 1,14 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent enregistre une baisse supplémentaire de 4,8% et termine à 47,9 dollars le baril. 

 

Marie Thibout, le 30 juin 2017

 

amerique

Aux Etats-Unis, les données économiques sont restées bien orientées sur le mois, et nous conservons notre vision d’une dynamique conjoncturelle favorable. Les indicateurs d’enquête ISM dans le secteur des services et dans le secteur manufacturier se maintiennent sur des niveaux décrivant une croissance relativement robuste de l’activité. La dynamique de production et des commandes industrielles est positive, ces deux dernières évoluant sur des rythmes de croissance de respectivement 2 et 4%. Du coté des ménages, la confiance des consommateurs reste sur des points élevés, les ventes au détail sont bien orientées et les données d’emploi poursuivent leur amélioration. Ainsi, le taux de chômage continue de baisser, à 4,3% de la population active en mai, et les salaires nominaux poursuivent leur modeste progression sur un rythme de croissance annuel supérieur à 2%. Dans ce contexte favorable, la Réserve Fédérale américaine a relevé de 0,25% son taux directeur lors de sa réunion de juin et envisage toujours une hausse supplémentaire d’ici la fin d’année 2017, ainsi que 3 hausses par an en 2018 et 2019. Cette amélioration conjoncturelle ne nous porte toutefois pas à écarter notre vigilance quant aux freins structurels auxquels l’économie américaine est confrontée (qualité des emplois, faiblesse de la productivité...) et au risque de déception sur les réformes promises. Les contretemps sur la réforme de la santé et le report du vote du Sénat au mois de juillet illustrent les difficultés rencontrées par les Républicains à faire passer des réformes.  

 

europe

En Europe, l’amélioration conjoncturelle que nous mettions en avant dès le début d’année se poursuit. Les indices de confiance restent toujours bien orientés en juin et compatibles avec une croissance modérée de l’activité. La production industrielle de la zone enregistre une nouvelle progression en avril, mais conserve un rythme de croissance modeste, légèrement supérieur à 1%. La production allemande est relativement dynamique, en hausse en rythme annuel de plus de 2%, tandis qu’en France, la progression est moindre. L’emploi poursuit son amélioration en avril, visible notamment dans la baisse du taux de chômage à 9,3% en moyenne dans la zone. Ce phénomène contribue vraisemblablement à l’amélioration des données de consommation à l’entrée du deuxième trimestre, notamment de la consommation espagnole, française et allemande après leur essoufflement au premier trimestre. Du point de vue de l’inflation, la croissance des prix à la consommation a légèrement ralenti en juin à 1,3%. En tendance, l’effet de base sur les prix de l’énergie commence à s’estomper et contribue à cette modération.

Au Royaume-Uni, en dehors de l’actualité politique, les données économiques montrent que les ventes au détail restent sur des niveaux plus modestes qu’en fin d’année 2016. L’inflation poursuit sa remontée, à près de 3% en mai, amenant dans ce contexte la banque centrale britannique à préciser qu’une modération du stimulus monétaire pourrait devenir nécessaire si l’activité se renforce ; notamment si la faiblesse de la consommation est compensée par d’autres composantes de la demande comme l’investissement des entreprises

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les échanges commerciaux s’essoufflent sur le deuxième trimestre et l’excédent commercial se stabilise. Toutefois, les données concernant la production industrielle pour les mois de mai et avril laissent présager une hausse de la production sur le deuxième trimestre, et nous confortent dans notre scénario d’une amélioration conjoncturelle modeste à l’œuvre, sans que cette dernière suffise à tirer les salaires et la consommation des ménages. Ces derniers sont relativement stables par rapport à leur niveau de l’année passée, et l’inflation reste bien en deçà de l’objectif de la banque centrale, à 0,4% en mai.

 

 

En Chine, les risques financiers restent présents, et les données confirment en mai la modération de l’activité sur le deuxième trimestre, avec un nouveau ralentissement du rythme de croissance de l’investissement, lié au moindre dynamisme du secteur public. Le rythme de progression de la production industrielle se stabilise à 6,5%. 

 

Mai 2017

En bref

Le mois de mai a été marqué par l’élection d’Emmanuel Macron en France. Au-delà de la victoire du candidat d’En Marche, la défaite de Marine Le Pen fait refluer dans l’immédiat le risque d’éclatement de la zone Euro. Aux Etats-Unis, les données d’activité maintiennent une dynamique positive, en ligne avec notre vision favorable sur la conjoncture américaine. Le Président D. Trump a fait face à de multiples accusations qui ont fait surgir la question d’une possible procédure de destitution. Ce risque est en l’état très limité en raison de la majorité Républicaine au Congrès. En Chine, les indicateurs d’activité se modèrent quelque peu en ce début de deuxième trimestre. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 2,7% et termine le mois à 1,12 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent enregistre une nouvelle baisse (2,7% sur le mois) et termine à 50,3 dollars le baril. 

 

Sébastien Berthelot, le 1er juin 2017

 

amerique

Aux Etats-Unis, la dynamique d’activité est restée favorable. Sur le marché du travail, la faiblesse des embauches enregistrée au mois de mars n’aura été qu’un trou d’air. Les créations de postes rebondissent à 211 000 emplois en avril et le taux de chômage connaît un nouveau point bas depuis la crise à 4,4% de la population active. Dans l’industrie, la production du mois d’avril confirme les progrès de l’activité du secteur. La croissance annuelle accélère à 2,2%, un rythme qui n’avait pas été atteint depuis  janvier 2015. Concernant la politique monétaire, la Réserve Fédérale entend réduire progressivement le réinvestissement de ses titres arrivant à maturité en fixant un plafond au-delà duquel les titres continueront d’être réinvestis. Ce seuil pourrait être fixé vers la fin d’année 2017 à un niveau très bas, puis progressivement relevé. Sur le plan politique, le Président Donald Trump a fait face à plusieurs accusations émanant de la presse (transmission d’informations classifiées au ministre russe des affaires étrangères, interférence auprès du Directeur du FBI pour interrompre l’enquête sur son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn). Ces faits ont été fermement démentis par la Maison Blanche, mais ont fait émerger l’idée d’une potentielle destitution du Président, ce qui parait improbable en l’état actuel des choses, au vu de la majorité républicaine au Congrès. 

Au Brésil, le risque politique s’est considérablement accru suite à la publication dans la presse de révélations impliquant directement le Président Temer dans un scandale de corruption. Les réformes structurelles en cours et la récente amorce de reprise d’activité pourraient en être fragilisées. 

europe

En Europe, le risque d’une sortie de la France de la zone euro a été écarté dans l’immédiat avec la défaite de Mme Le Pen et l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République. Sur le plan économique, les statistiques publiées en zone euro nous font conserver notre vue positive quant à la reprise économique en cours. L’évolution du Produit Intérieur Brut (PIB) de la zone au premier trimestre maintient un régime de croissance stable à 1,8% sur un an. Sur le trimestre, la consommation s’est quelque peu modérée malgré l’amélioration continue de la situation sur le marché du travail, qui demeure toutefois encore hétérogène selon les pays. La tonalité des indicateurs de confiance est clairement favorable et suggère un renforcement de l’optimisme des entreprises sur le deuxième trimestre de l’année. Du côté de la confiance des directeurs d’achat (PMI), l’indice manufacturier s’établit à 57 points en zone euro, et les indicateurs d’enquête nationaux tels que l’IFO en Allemagne et l’indice de l’INSEE en France confirment la bonne tenue de l’activité dans la majorité des secteurs. Sur le plan politique, la réunion de l’Eurogroupe (Ministres des finances de la zone euro) n’a pas abouti à un accord concernant le versement d’une nouvelle tranche d’aide financière à la Grèce, malgré les progrès réalisés par le gouvernement grec sur le plan législatif pour réduire les dépenses. 

Au Royaume-Uni, la dynamique d’activité a quelque peu ralenti en ce début d’année 2017. La croissance trimestrielle du PIB atteint seulement 0,2% au premier trimestre, en raison d’une modération du rythme de croissance des dépenses de consommation des ménages et d’une contribution négative de la balance commerciale à la croissance.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données d’activité pour le premier trimestre 2017 confirment que l’amélioration conjoncturelle que nous mettons en avant dans notre scénario reste à l’œuvre. La croissance trimestrielle rebondit à 0,5%, et la croissance annuelle est stable à 1,6%. La composition de la croissance est relativement bien équilibrée, la consommation et l’investissement privé progressant sur la période, ainsi que la balance commerciale, sous l’effet du dynamisme des exportations. En Chine, les indices de confiance et les données d’activité marquent le pas pour le début du deuxième trimestre et retrouvent des niveaux de croissance équivalents à ceux de fin d’année 2016.

 

 

 

 

Avril 2017

En bref

Le mois d’avril aura été marqué par les annonces politiques réalisées par l’administration Trump. Le Président américain a notamment déclaré qu’il ne considère plus que la Chine manipule sa devise, ce qui a permis un relâchement des tensions politiques entre les deux pays. D’autre part, les grandes lignes du projet de réforme de la fiscalité ont été annoncées : elles reposent sur une baisse du taux d’imposition sur les sociétés à 15% ainsi qu’une réduction du taux maximal d’imposition sur le revenu. En zone euro, les données publiées sur le mois illustrent toujours une croissance modeste de l’activité. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 2,2% et termine le mois à 1,09 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent enregistre une nouvelle baisse (-2% sur le mois) et termine à 51,7 dollars le baril. 

 

Marie Thibout, le 02 mai 2017

amerique

Aux Etats-Unis, la croissance du PIB a ralenti à 0,2% en glissement trimestriel, du fait d’une consommation qui ne progresse que de 0,1%. Cette faiblesse était prévisible au regard des données mensuelles publiées pour janvier et février qui restaient en retrait par rapport aux indicateurs de confiance. La tendance reste favorable dans l’industrie, avec une nouvelle amélioration de la production industrielle en mars. La progression des indicateurs manufacturiers s’est modérée en avril, mais le niveau de ces enquêtes décrit toujours une croissance relativement robuste de l’activité. Les données concernant le marché du travail restent bien orientées, malgré une modération des créations d’emploi en mars. Le taux de chômage s’est de nouveau réduit, à 4,5% de la population active, et du coté des rémunérations, la bonne dynamique se maintient avec une croissance annuelle des salaires horaires à 2,7%. Dans l’ensemble les données publiées sur le mois ne remettent pas en question notre vision d’une amélioration de la conjoncture américaine. Enfin, la Réserve fédérale prépare désormais le terrain pour une sortie de sa politique d’achat d’actifs : les minutes de la dernière réunion nous apprennent que la plupart des participants du comité de Politique Monétaire jugent qu’un changement de la politique de réinvestissement des actifs arrivant à maturité pourrait être approprié vers la fin d’année 2017. 

 

europe

En Zone Euro, les données publiées sur le mois ont continué d’illustrer le momentum plus favorable dans lequel se situe actuellement l’activité de la zone euro. Confirmant les trajectoires dessinées au cours des derniers mois, les indices de confiance des directeurs d’achat PMI pour la zone ainsi que le sentiment économique se sont de nouveau améliorés en avril. Malgré cette accumulation de signaux militant pour une accélération de la croissance, l’activité réelle peine encore à enclencher la vitesse supérieure. La croissance française sur le premier trimestre n’a ainsi progressé que de 0,3%, un rythme encore modéré. Les flux commerciaux entre la zone euro et le reste du monde font de nouveau état d’un commerce mondial qui retrouve un peu de dynamisme, avec un excédent commercial qui augmente légèrement pour atteindre 19,2Mds€ en février. Sur le plan monétaire, la croissance des prix à la consommation rebondit en avril, à 1,9%. Ce rebond, s’il venait à se confirmer sur les prochains mois, pourrait inciter la Banque Centrale Européenne à modérer son discours encore accommodant sur la conduite de sa politique monétaire. Pour le moment, le conseil des gouverneurs reste encore prudent quant à l’évolution des risques pesant sur la croissance économique européenne.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, la production industrielle ralentit en mars, sans que ce mouvement remette en cause notre scénario de reprise conjoncturelle modeste : l’industrie enregistre une croissance annuelle toujours dynamique, à plus de 3%. Les dépenses de consommation des ménages restent pour l’instant à la traine, malgré des données d’emploi toujours bien orientées. La banque du Japon (BoJ) a laissé inchangé la conduite de sa politique monétaire et prévoit toujours un retour de l’inflation vers sa cible de 2% au cours de l’année fiscale 2018. Cette dernière pour l’instant toutefois reste bien en deçà, s’établissant en mars à 0,2%, après un nouveau ralentissement. 

En Chine, la croissance a légèrement accéléré au 1er trimestre 2017, à 6,9% en rythme annuel, à la faveur d’un léger mieux dans l’industrie et d’une dynamique plus favorable de la consommation sur le mois de mars. En parallèle, l’investissement affiche un regain de croissance en mars, et semble désormais ne plus être seulement le fait des dépenses des entreprises publiques mais également de celles du secteur privé. Un premier signal d’un desserrement des contraintes pesant sur les flux de capitaux sortants a émergé sur le mois, ce qui pourrait signifier que la banque centrale anticipe un affaiblissement des pressions baissières sur le yuan. Nous restons toutefois prudents vis-à-vis de l’économie chinoise, car les risques financiers restent présents.

 

Mars 2017

En bref

En mars, la Réserve Fédérale américaine a procédé à un relèvement de son taux directeur, actant ainsi l’amélioration des conditions économiques, en accord avec nos dernières perspectives économiques et financières. Du côté politique, le Président D. Trump a subi un revers législatif avec l’échec de son projet de loi visant au remplacement et à l’abrogation d’une partie de la réforme de la protection sociale de l’administration précédente (Obamacare). En Europe, l’évènement marquant du mois a été la notification officielle par T. May du processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Celle-ci ouvre une phase de négociation de deux ans pour redéfinir les nouveaux contours de leur relation. Au Japon, les données économiques publiées confirment une embellie depuis la fin d’année 2016.  Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,9% et termine le mois à 1,07 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent enregistre une baisse de 5% sur le mois et termine à 52,8 dollars le baril. 

 

Thomas Foicik, le 03 avril 2017

amerique

Aux Etats-Unis, l’amélioration généralisée des enquêtes de confiance, en particulier dans le secteur industriel, continue de se diffuser peu à peu dans les données réelles. L’indice ISM manufacturier, largement supérieur au seuil de 50 points, fait état d’une expansion de l’activité qui se concrétise, sur le mois de février, par une hausse simultanée de la production et des commandes à l’industrie. Après plusieurs trimestres de contraction, l’activité industrielle affiche de nouveau un taux annuel de croissance positif, portée par une accélération de la production manufacturière. Du côté des ménages américains, leur niveau de confiance atteint désormais un nouveau plus haut depuis 2001. Pour autant, cet optimisme ne se traduit pas forcément dans les dépenses de consommation en volume. Ces dernières s’inscrivent en recul sur les deux premiers mois de l’année sous l’effet d’une remontée progressive de l’inflation. En effet, les prix à la consommation sont en hausse de 2,7% sur un an. Dans le secteur immobilier, la tendance demeure favorable sur ce début d’année que ce soit du côté des permis de construire ou des ventes de logement neuf. En milieu de mois, la Réserve Fédérale a procédé à une nouvelle hausse de son taux directeur de 0,25% à [0,75% ; 1%]. C’est la troisième hausse de taux depuis fin 2015. Les récentes prises de parole des membres de la Réserve Fédérale semblent moins accommodantes que par le passé en évoquant la possibilité de relever au-delà de trois fois le taux directeur d’ici la fin d’année. 

 

europe

En Zone Euro, les publications des indices de confiance sont univoques au mois de mars sur l’orientation plus favorable des conditions d’activité et confortent le rehaussement de notre point de vue conjoncturel sur la zone. L’indice composite de confiance des directeurs d’achat (PMI) atteint un plus haut depuis avril 2011 à 56,7 points, un niveau cohérent avec une amélioration de l’activité dans les services et dans l’industrie sur le 1er trimestre. Dans les données réelles, la production industrielle s’inscrit en hausse en janvier malgré une baisse sensible relative au secteur de la construction. De leur côté, les dépenses de consommation ont été plutôt mitigées comme en atteste la modération des ventes des détaillants sur les deux premiers mois de l’année. Après un bon mois de janvier, les immatriculations de véhicules ont été un peu moins dynamiques en févier, mais restent en croissance positive en tendance. Ces données de consommation publiées en terme réel sont pénalisées par la remontée de l’inflation qui affecte le revenu réel disponible des ménages. Après avoir atteint 2% en février, l’inflation a légèrement reflué à 1,5% sur un an, un niveau bien au-dessus des trimestres précédents. Le taux de chômage de la zone euro s’établit désormais à 9,6% dans un contexte où le nombre de demandeurs d’emploi diminue graduellement. Du côté monétaire, la dernière opération de refinancement TLTRO2 a vu une forte demande des banques de la zone euro.

Au Royaume-Uni, Theresa May a officiellement notifié le déclenchement de l’article 50 du Traité de Lisbonne, point de départ du processus de sortie de l’Union européenne. La Banque d’Angleterre n’a pas modifié sa politique monétaire dans un contexte où les prix à la consommation ont accéléré en février, passant de 1,8% à 2,3% sur un an. 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données mensuelles laissent augurer d’une meilleure dynamique d’activité au premier trimestre. La production industrielle progresse de 2% en février et les dépenses de consommation se reprennent légèrement. Les exportations et les importations sont de nouveau en hausse en février et attestent d’une reprise des échanges commerciaux. 

En Chine, les statistiques sont encourageantes sur le plan conjoncturel. La production dans l’industrie croît à un rythme stable de 6,3% et l’investissement se reprend en février mais l’effort reste porté par les entreprises publiques. Cela nous invite toujours à une grande vigilance sur les risques financiers portés par l’économie chinoise.

 

 

Février 2017

En bref

Le mois de février s’est caractérisé par la poursuite du mouvement de remontée de l’inflation dans les pays développés. Cette progression concerne essentiellement la composante énergie des indices et ne reflète pas un mouvement généralisé de tension inflationniste. En termes d’activité, la dynamique positive s’est confirmée aux Etats-Unis et en Europe, ce qui va dans le sens de notre vision d’une croissance modérée mais en progrès dans ces zones. Les flux commerciaux sont en général en progression en Asie et les indices de confiance sont bien orientés. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 1,5% et termine le mois à 1,060 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent est quasiment stable sur le mois et termine à 55,6 dollars le baril. 

 

Sébastien Berthelot, le 02 mars 2017

amerique

Aux Etats-Unis, la tendance positive des données d’enquête s’est renforcée sur le mois. Les indicateurs manufacturiers régionaux enregistrent des hausses marquées, et les indices ISM nationaux décrivent une croissance robuste de l’activité dans le manufacturier et les services. Cette bonne tenue commence à se ressentir dans les données réelles. Les commandes à l’industrie sont en progression de 1,3% en glissement mensuel en décembre et affichent une croissance annuelle de 3,6%. De même la production du secteur manufacturier s’inscrit progressivement dans une dynamique haussière. Concernant les ménages, les données ont été plus mitigées. Si les consommateurs sont actuellement très confiants dans l’économie, les ventes au détail ont pour autant reculé en volume au mois de janvier. La remontée progressive de l’inflation s’est poursuivie, toujours sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. La croissance annuelle des prix à la consommation atteint 2,5%, celle des prix hors alimentation et énergie est stable à 2,2%. Dans ce contexte, la Réserve Fédérale n’a pas modifié sa politique monétaire, mais a adopté un discours moins accommodant au cours du mois. Les membres ont multiplié les déclarations favorables à une hausse de taux lors des prochaines réunions de politique monétaire.

 

europe

A l’image des Etats-Unis, les enquêtes de confiance (PMI, IFO), publiées pour le mois de février en Zone Euro, confortent notre vision de conditions plus favorables à la croissance au premier trimestre 2017. Les chiffres d’immatriculations de véhicules ont été de bonne facture sur le premier mois de l’année avec une progression de 11% sur un an. L’ensemble des pays de la zone affiche une croissance dynamique sur le mois de janvier à l’exception de l’Irlande. En Allemagne, après un troisième trimestre en demi-teinte, la croissance s’est affermie sur le quatrième trimestre 2016. L’activité a progressé de 0,4% sur le trimestre, tirée par la demande domestique avec en particulier un soutien significatif  de la consommation du gouvernement et de l’investissement. En France, le taux de chômage selon la définition du Bureau International du Travail (BIT) a légèrement diminué au 4ème trimestre 2016, passant de 9,8% à 9,7% de la population active. Cette statistique confirme l’amélioration encore très modeste des conditions sur le marché du travail à l’image des chiffres publiés par Pôle emploi sur les derniers mois. Concernant l’évolution des prix, l’inflation en zone euro se rapproche de la cible de la Banque Centrale Européenne. La croissance annuelle des prix à la consommation s’élève à 1,8% en janvier, contre 1,1% en décembre. Hors alimentation et énergie, l’inflation est néanmoins stable et se limite à 0,9%.

La croissance du PIB  britannique, au quatrième trimestre 2016 a été relativement robuste sous l’effet d’une consommation dynamique et d’un rebond des exportations. A contrario, l’investissement a stagné sur le trimestre, confirmant une dynamique moins favorable en 2016. En rythme annuel, la croissance du PIB est restée stable à 2%. Sur le plan politique, la Chambre Basse du Parlement a voté à une écrasante majorité le projet de loi autorisant le gouvernement de Theresa May à déclencher l’Article 50 du traité de l’Union Européenne, point de départ à la sortie du pays de l’Union. 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données d’activité ont été bien orientées sur le mois. Les exportations et les importations affichent des rythmes de croissance annuelle de l’ordre de 4% en janvier, et les indicateurs de confiance des entreprises se redressent progressivement. 

En Chine, les données ont été mitigées sur le mois, et nous incitent toujours à une grande vigilance : si les échanges commerciaux restent dynamiques, les sorties de capitaux se sont amplifiées sur le quatrième trimestre 2016 et les réserves de change poursuivent leur baisse. D’autre part, les indicateurs de confiance confirment leur retrait en janvier. 

 

 

Janvier 2017

En bref

L’année 2017 débute sur une perception plus favorable de l’environnement économique par les entreprises, comme en atteste l’amélioration généralisée du climat des affaires au niveau mondial. Aux Etats-Unis, l’actualité économique a été marquée par les premières annonces du Président élu, D. Trump, ciblant les conditions des échanges avec certains partenaires commerciaux. La croissance du PIB américain sur le 4ème trimestre conforte notre vision d’une activité modérée. En Europe, notre attention s’est portée sur les signaux d’une conjoncture plus favorable mise en évidence par une croissance en légère accélération au 4ème trimestre, une inflation qui se reprend et une consolidation du niveau de confiance. Les données économiques ont également été de meilleure facture au Japon du côté de l’industrie et des échanges commerciaux. En Chine, les données d’activité affichent un nouveau mois de stabilité, mais les risques financiers illustrés par les sorties de capitaux maintiennent notre vision négative sur le pays. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 2% et termine le mois à 1,075 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent a reculé de 2% sur le mois et termine à 55,7 dollars le baril. 

 

Thomas Foicik, le 1er février 2017

 

amerique

Aux Etats-Unis, le relèvement de nos perspectives sur l’économie a été conforté par la confirmation sur le mois des signaux récents, plus encourageants, sur l’industrie : la production industrielle s’est reprise en décembre tout comme les commandes à l’industrie hors transport et les indicateurs régionaux de climat des affaires qui signalent désormais, de manière univoque, une expansion de l’activité industrielle. Du côté de l’emploi, les créations de postes se sont bien tenues en décembre, avec 156 000 nouvelles embauches qui portent le taux de chômage à 4,7% de la population active. La dynamique des rémunérations reste haussière et se concrétise par une croissance du salaire horaire de 2,9% sur un an. La croissance du PIB sur la fin d’année 2016 illustre une activité modérée, portée par la consommation des ménages et l’investissement, mais pénalisée par une contribution négative du solde commercial. En termes de politique économique, le nouveau Président des Etats-Unis, D. Trump, a signé ses premiers décrets sur le mois. Ces décisions ont confirmé la tendance plus protectionniste de la nouvelle administration, avec le retrait du pays du traité de libre-échange Transpacifique et la volonté de renégocier l’accord commercial régional de l’ALENA. D. Trump a également choisi de revenir en arrière sur deux orientations de son prédécesseur, en relançant deux projets d’oléoducs et en instaurant des marges de manœuvre afin de ne plus appliquer la loi sur la santé « Obamacare ».

 

europe

En Zone Euro, l’embellie récente du climat des affaires s’est matérialisée dans une accélération, relativement modeste, de la croissance du PIB sur le 4ème trimestre. Les enquêtes de confiance du mois de janvier ont consolidé cette tendance plus positive. Le secteur industriel a poursuivi son expansion en novembre et la consommation des ménages demeure un soutien à la croissance en fin d’année. Notre appréciation sur l’activité en Zone euro demeure toutefois prudente tenant compte d’un environnement politique chahuté et de progrès sur les fondamentaux structurels au sein des économies de la zone encore fragiles. En janvier, l’inflation a rebondi à 1,8% sur un an portée par une accélération sensible des prix de l’énergie. L’évolution de l’inflation hors prix alimentaire et énergie reste inerte autour de 1% l’an ce qui ne justifie pas d’inflexion de la politique monétaire de la BCE. Cette dernière a réitéré vouloir s’assurer d’un ajustement durable de l’inflation conforme à son objectif (proche de 2%).

Au Royaume-Uni, Theresa May a dévoilé la position de son gouvernement pour les futures négociations de sortie du pays de l’Union Européenne. Une des priorités affichées par la Première Ministre sera le contrôle de l’immigration, ce qui impliquera la sortie du pays du marché unique. Elle entend également sortir de l’Union douanière afin de pouvoir négocier des accords de libre-échange de façon bilatérale avec des pays tiers. Dans le même temps, la Cour Suprême a confirmé la nécessité pour le gouvernement de consulter le Parlement afin de déclencher l’article 50 du Traité de l’UE. Au regard des publications économiques, la croissance demeure bien orientée (2,2% sur un an) et l’inflation se reprend à 1,6%. 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données d’activité ont été de meilleure facture en fin d’année avec une reprise modérée de l’industrie et des échanges commerciaux. Sur le front de l’inflation, les progrès sont insuffisants par rapport à l’objectif de la banque centrale. Notre prudence sur l’activité économique du pays est maintenue en raison d’une demande domestique relativement faible jusqu’à présent.

En Chine, la croissance économique s’est maintenue sur l’année 2016 sous l’effet d’une politique de relance de l’investissement public au détriment de l’investissement privé. La progression de l’endettement du secteur public, la diminution des réserves de change corollaire de l’accentuation des sorties de capitaux  constituent une combinaison de risques financiers croissants qui nous amènent à maintenir notre vision négative sur l’économie, et ce malgré une stabilisation apparente sur le plan conjoncturel.

 

 

Décembre 2016

En bref

Les banques centrales aux Etats-Unis et en zone euro ont marqué l’actualité économique du mois de décembre. Aux Etats-Unis, le comité de Politique Monétaire de la Réserve Fédérale (FOMC) a voté comme anticipé en faveur d’une hausse de 0,25% de la cible de son taux directeur, la portant à [0,50% ; 0,75%], décision qui intervient exactement un an après un premier mouvement d’une amplitude similaire et justifié par les progrès sur le marché du travail et sur le front de l’inflation. En Europe, la Banque Centrale Européenne a décidé d’ajuster, à partir d’avril 2017, le montant des achats mensuels de son programme d’achat, les ramenant de 80Mds€ à 60Mds€ et en les prolongeant jusqu’à fin décembre 2017 à minima. Le maintien d’un rythme soutenu d’achat de titres alimentera la hausse de la taille du bilan de la BCE à près de 4500Mds€, soit près de 43% du Produit Intérieur Brut de la Zone Euro. En Chine, les données d’activité sont restées relativement stables, mais les sorties de capitaux et la baisse des réserves de change se poursuivent. Sur le marché des changes, le dollar s’est apprécié contre euro de 0,9% et termine le mois à 1,054 dollar pour un euro. Le prix du pétrole Brent a progressé de 12,6% sur le mois et termine à 56,8 dollars le baril. 

 

Marie THIBOUT, le 02 janvier 2016

 

amerique

Aux Etats-Unis, les indicateurs d’enquête publiés pour le mois de décembre confirment l’amélioration du climat des affaires entrevue en novembre. Pour autant la production industrielle reste en recul en terme annuel de 0,6%. Du coté des ménages, les données de l’emploi poursuivent leur amélioration, avec des créations de postes de 178 000 en novembre, et une baisse du taux de chômage à 4,6% de la population active. Les dépenses de consommation ont modérément progressé sur ce dernier mois, et enregistrent une croissance annuelle toujours relativement dynamique, à 2,8%. Au regard des développements économiques et politiques des dernières semaines, il a été décidé d’ajuster à la hausse le scénario macroéconomique des Etats-Unis, passant d’une vision neutre négative à une vision neutre. Cette révision s’est faite sur la base de signaux plus encourageants perceptibles du côté des industries en lien avec les secteurs minier et de l’énergie, qui bénéficient d’un niveau de prix du pétrole dorénavant moins pénalisant, mais aussi sur l’observation d’un choc de confiance sur les derniers mois alimenté par la perspective d’implémentation de mesures de soutien à l’économie de la nouvelle administration de Donald Trump. Dans ce contexte, nous n’anticipons plus de freinage à moyen terme de la croissance américaine mais une poursuite d’une croissance de l’activité sur un rythme modéré. Nous restons pour le moment toutefois prudents, du fait d’un niveau très élevé de la monnaie américaine, un facteur pénalisant pour les entreprises américaines exportatrices, et dans l’attente d’observer réellement si les mesures annoncées par Donald Trump se traduisent par un dynamisme supplémentaire de l’investissement sur le sol américain.

 

europe

En Zone euro, le climat des affaires a pris une tournure plus positive sur le 4ème trimestre, mais la matérialisation de cette amélioration dans les données d’activité reste encore trop incertaine pour altérer notre vision vigilante sur le scénario européen. Ainsi la production industrielle a légèrement reculé en octobre et enregistre une croissance annuelle faible, de 0,6%. Sur le front politique, l’instabilité reste d’actualité. Les électeurs italiens ont rejeté la réforme constitutionnelle du Sénat proposée par le Président du Conseil M. Renzi lors du référendum du 4 décembre. Ce dernier a présenté sa démission et a été remplacé par Paolo Gentiloni, ancien ministre des affaires étrangères.

Le Royaume-Uni, la Cour Suprême s’est réunie pour examiner l’appel du gouvernement suite à la décision de la Haute Cour de Londres qui oblige le gouvernement à consulter le Parlement pour déclencher l’article 50 du Traité de l’Union. Cette activation ouvrira le cycle de négociation de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La décision des juges devrait être rendue début janvier. Parallèlement, le Parlement a voté en faveur du calendrier proposé par le gouvernement qui prévoit de déclencher l’article 50 avant le 31 mars 2017.  

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, , l’inflation progresse modérément en novembre, mais reste bien en deçà de l’objectif de la banque centrale. Les données d’activité montrent une amélioration de l’industrie qui se poursuit, tandis que la consommation des ménages reste pour l’instant peu dynamique. Ces nouvelles publications nous incitent à conserver notre prudence sur l’activité économique du pays, en raison d’une demande domestique qui ne montre pas de signaux d’amélioration francs. 

En Chine, la stabilisation de l’activité observée n’a été possible qu’en stimulant l’investissement public au détriment de l’investissement privé. Ce phénomène participe à l’accumulation de risques financiers à travers la progression de l’endettement du secteur public, dans un contexte où les sorties de capitaux sont toujours présentes et où les réserves de change poursuivent leur mouvement de baisse, nous conduisant à rester très vigilants sur l’activité chinoise.  

 

 

 

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