Environnement Économique

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Août 2018

En bref

L’actualité du mois d’août a été marquée par les fortes dépréciations de devises de certains pays émergents aux fondamentaux plus fragiles ou en proie à une montée des tensions avec l’administration américaine, comme en premier lieu la livre turque, le peso argentin ou encore dans une moindre mesure le rouble. Sur le plan des publications, les données américaines illustrent toujours une situation favorable, tandis que l’activité en zone euro se maintient sur des rythmes de croissance positifs mais plus faibles qu’en fin d’année passée. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,8% et termine le mois à 1,16 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 4% et termine à 77 dollars.

 

Marie Thibout, le 3 septembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, les nombreuses publications économiques sur le mois décrivent une situation conjoncturelle toujours favorable. L’indice de confiance des directeurs d’achats ISM dans le secteur manufacturier illustre toujours une croissance soutenue de l’activité. En tendance, l’industrie manufacturière croît de 2,8% sur un an et fait preuve d’un dynamisme qu’elle n’avait plus connu depuis 2012. La vigueur du marché de l’emploi se poursuit avec 157 000 postes créés en juillet, et une nouvelle baisse du taux de chômage à 3,9%. Dans ce contexte, la consommation des ménages américains affiche toujours une tendance solide, la croissance annuelle des dépenses de consommation accélérant ainsi à 2,8%. A l’inverse, les données dans le secteur immobilier restent quelque peu décevantes en juillet. Concernant les prix, l’inflation se stabilise sur le mois à 2,9%. Enfin, sur le plan commercial, les tensions avec la Chine restent vives : la deuxième tranche de droits de douanes supplémentaires portant sur 16 Mds$ d’importations américaines en provenance de Chine est entrée en vigueur. Réciproquement, la  Chine a fait de même pour les importations de biens américains, pour un montant similaire. L’administration Trump envisagerait désormais de taxer 200 Mds$ d’importations supplémentaires en provenance de Chine. 

 

 

europe

En zone euro, l’activité poursuit son expansion, à un rythme plus modéré que celui constaté en 2017. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a légèrement décéléré au 2e trimestre, avec une progression modeste de 0,3%. Cela se traduit par un fléchissement de la croissance à 2,1% sur un an et laisse augurer d’une croissance proche de 2% sur l’ensemble de l’année 2018. Le rythme de croissance de l’activité industrielle de la zone évolue sur des niveaux légèrement supérieurs à 2% en juin. Les données d’emploi continuent d’illustrer une amélioration du marché du travail, avec une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi en juillet, et un taux de chômage à 8,2%. La consommation progresse à nouveau en juin dans l’ensemble de la zone, bien que sa progression se modère sur un niveau légèrement supérieur à 1% en rythme annuel. Du côté des prix, l’inflation s’établit à 2,1% en juillet. Outre la vigueur du prix de l’énergie, les progrès sur l’inflation sous-jacente sont encore limités. Sur le plan politique, les membres du gouvernement italien ont soufflé le chaud et le froid au sujet des grandes lignes du budget de 2019. Certains arbitrages plus expansionnistes semblent se dessiner et le relèvement de la TVA serait écarté. Au Royaume-Uni, l’économie reprend son souffle au 2e trimestre 2018 mais demeure sur des niveaux de croissance modérés. Après un 1er trimestre décevant et marqué par les intempéries climatiques, l’activité accélère, portée par la demande intérieure. Dans ce contexte, la banque centrale a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 0,75%. Cette décision a été prise à l’unanimité, mais la banque centrale reste prudente en signalant que les hausses de taux futures seront graduelles. 

ASIE-OCÉANIE

L’économie japonaise rebondit au second trimestre, tirée par la demande domestique. Du côté du commerce, la contribution reste négative toutefois, la croissance des importations ayant été plus importante que celle des exportations. Ce phénomène s’est poursuivi en juillet, et dans ce contexte, la production industrielle reste dans son ensemble décevante sur le début du troisième trimestre. Après deux ans de statu quo monétaire, la banque centrale a apporté quelques changements à son cadre de politique monétaire, en y introduisant plus de flexibilité ainsi qu’une indication prospective sur l’évolution de ses taux. En Chine, les données économiques publiées pour le mois de juillet témoignent d’une poursuite de la modération de la croissance. Du côté des ménages, les ventes au détail affichent une croissance annuelle en décélération. Dans l’industrie, la croissance de la production reste stable à 6%, un niveau toujours modeste au regard de l’historique, tandis que la croissance de l’investissement recule à 3%. 

 

 

Juillet 2018

En bref

En juillet, les tensions commerciales entre la Chine, l’Union européenne et les Etats-Unis ont continué d’alimenter l’actualité. Dans ce contexte, le FMI juge la croissance mondiale un peu moins homogène et avertit du risque sur la croissance d’une escalade du protectionnisme. Dans les chiffres, la croissance américaine tourne à plein régime au deuxième trimestre tandis que l’activité s’est modérée en Zone euro. En Chine, le gouvernement a annoncé une série de mesures fiscales pour soutenir la croissance. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,7% et termine le mois à 1,174 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent baisse de 6,5% et termine à 74,2 dollars. 

 

Thomas Foicik, le 1er août 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’actualité a été marquée par la publication d’une croissance décrivant une économie tournant à plein régime. Ce chiffre est conforme à l’appréciation faite lors de nos perspectives économiques et financières en juin dernier. Le produit intérieur brut progresse de 1% au 2ème trimestre et croît de 2,8% par rapport à l’année dernière. Dans le détail, la croissance est équilibrée et repose sur la consommation des ménages, l’investissement et les exportations. Conformément aux données mensuelles, l’investissement résidentiel a légèrement pénalisé la croissance sur le trimestre. Du côté de la confiance des industriels, les premiers signaux à l’entrée du 3ème trimestre restent positifs d’après les enquêtes régionales de la Réserve Fédérale. Du côté des prix à la consommation, l’inflation a accéléré en juin à 2,9%, toujours portée par les prix de l’énergie. Concernant la politique commerciale, un signal d’apaisement des tensions est intervenu entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) avec l’ouverture d’une période de négociation. Les sujets sur la table seront les mesures de rétorsion dans le secteur de la métallurgie, les propositions de réforme de l’OMC et une éventuelle réduction des barrières aux échanges sur certains produits industriels. En contrepartie, l’UE serait prêt à accroître ses importations de soja et gaz naturel liquéfié en provenance des Etats-Unis. Vis-à-vis de la Chine, les relations commerciales se sont en revanche plutôt dégradées.

 

 

europe

En Zone Euro, les comptes nationaux, disponibles pour le 2ème trimestre, sont moins flatteurs qu’aux Etats-Unis. Le PIB ne progresse que de 0,3% au T2 et ralentit en termes annuels, à 2,1%. Par pays, la croissance est modeste et sans relief en France (+0,2%), en Italie (+0,2%), stable en Belgique (+0,3%) et encore dynamique en Espagne (+0,6%). Sur le trimestre, la demande étrangère semble avoir pénalisée la croissance. La modération de l’activité est également perceptible à la lecture des enquêtes de conjoncture, même si ces dernières enregistrent une stabilisation en juillet. L’indice PMI manufacturier pour la Zone euro s’établit à 55,1 points, signalant une croissance encore résistante de l’activité en ligne avec nos perspectives sur la région. Sur le marché du travail, l’amélioration se poursuit avec un taux de chômage à 8,3% de la population active en juin et les statistiques montrent une accélération des salaires sur le 1er trimestre. De son côté, l’inflation accélère en juillet à 2,1% sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, la BCE s’est montrée confiante sur la situation économique et sur l’évolution des prix en soulignant le renforcement des pressions de prix domestiques.

Au Royaume-Uni, l’actualité politique a été animée par la démission des membres les plus eurosceptiques du gouvernement et Theresa May a annoncé prendre en charge directement les négociations du Brexit avec l’Union européenne. 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, le principal événement du mois a été la réunion de la Banque du Japon. Les gouverneurs ont apporté quelques changements au cadre de politique monétaire, permettant plus de flexibilité dans l’évolution du taux souverain japonais à 10 ans, jusqu’à 0,2% contre 0,1% précédemment, mais également en s’engageant à maintenir les taux à un niveau extrêmement bas pour une période prolongée. Cette décision intervient dans un contexte d’inflation toujours très contenue (+0,7%) et de modération de l’activité manufacturière. La croissance des salaires nominaux est plus positive et accélère à 2,1% en mai. 

En Chine, la croissance affiche un léger ralentissement au 2ème trimestre, à 6,7% en rythme annuel. La bonne tenue du secteur des services a été contrebalancée par une contribution plus faible de l’industrie et négative des échanges extérieurs. Face à cette modération, et au tarissement de certains flux de financement sur la période récente, le gouvernement a annoncé une série de mesures fiscales à destination des entreprises et des ménages ainsi que l’accélération du financement de certains projets d’infrastructures par les gouvernements locaux. Le gouvernement précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une politique de relance de grande ampleur.

 

 

 

Juin 2018

En bref

Le mois de juin a été marqué par les nouveaux développements de la politique commerciale américaine. En Europe, l’actualité politique a été riche avec la nomination du nouveau Président du Conseil italien G. Conte, la destitution du Premier Ministre espagnol, M. Rajoy et l’apparition de tensions au sein de la coalition gouvernementale allemande. Sur le plan économique, on note la bonne tenue de l’économie américaine tandis qu’en Zone Euro, l’activité montre des signes de modération. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,35% et termine le mois à près de 1,17 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 2,4% et termine à 79 dollars. 

 

Pierre Bossuet, le 2 juillet 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, le mois a une nouvelle fois été marqué par la politique commerciale américaine. Le gouvernement américain a entériné la mise en place de droits de douane supplémentaires de 25 % sur un montant de 50 mds$ d’importations en provenance de Chine. En représailles, la Chine a appliqué des hausses similaires sur des montants équivalents. Les risques d’escalades apparaissent bien réels alors que le gouvernement américain a annoncé travailler sur une liste supplémentaire de produits importés de Chine susceptibles d’enregistrer à leur tour une hausse des tarifs. Enfin, en réaction aux droits de douane supplémentaires sur l’acier et l’aluminium, l’Union Européenne a révélé une liste de produits américains qui feront l’objet d’une taxe supplémentaire de 25 %. En retour, D. Trump a menacé l’Union Européenne de droits de douane de 20% sur les importations d’automobiles européennes. Sur le plan économique, l’activité américaine demeure bien orientée. La consommation semble rebondir au second trimestre avec des ventes au détail qui affichent une croissance annuelle de près de 6%. Du côté de l’industrie, on note un léger repli de la production (-0,1% sur le mois de mai) qui ne remet toutefois pas en cause la bonne orientation du secteur. Les indicateurs de confiance, bien qu’en légère modération sur le mois de juin, décrivent toujours une activité robuste. Enfin, en ce qui concerne la politique monétaire, la Réserve Fédérale a procédé à son deuxième relèvement de taux directeur de l’année et a légèrement revu à la hausse ses intentions de resserrement monétaire sur 2018.

 

 

europe

En Zone Euro, l’actualité politique a également été riche. En Italie, le nouveau Président du Conseil, Giuseppe Conte, a prêté serment et se trouve désormais à la tête d’un gouvernement de coalition inédit entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue. En Espagne, le Premier ministre et Président du Parti Populaire M. Rajoy a été destitué après l’adoption d’une motion de censure par le Parlement. Son successeur, le président du Parti Socialiste P. Sanchez, prend la tête d’un gouvernement minoritaire. En Allemagne, la fin du mois a été marquée par l’apparition de tensions au sein de la coalition gouvernementale. Le ministre de l’intérieur et Président de la CSU, l’allié historique de la CDU, a ainsi exigé un durcissement de la politique migratoire allemande. Les avancées obtenues par A. Merkel lors du sommet européen du 28 et 29 juin n’ont pas suffi à satisfaire les revendications du chef de file de la CSU, qui menace de démissionner à moins qu’un accord ne soit trouvé avec la Chancelière. Du côté de l’économie, les publications du mois apparaissent assez décevantes. En avril, la production industrielle de la zone Euro se replie ainsi de 0,9% sur le mois. Les ventes au détail renvoient également un constat mitigé avec une quasi-stagnation en avril (+0,1%), cachant néanmoins d’importantes disparités entre pays (l’Allemagne rebondit tandis que la France faiblit). Enfin, la BCE a précisé le calendrier de son action lors de sa réunion de politique monétaire. L’autorité monétaire prévoit désormais la fin de sa politique quantitative d’achats d’actifs à la fin de l’année 2018 et envisage une première action sur les taux directeurs au cours de l’été 2019..

 

ASIE-OCÉANIE

 

Au Japon, la consommation baisse de 1,4% sur le mois d’avril. Sur le plan industriel, la production recule légèrement en mai (-0,2%) tandis que les indicateurs de confiance se replient légèrement. En dépit de la bonne orientation du marché du travail, la croissance des salaires reste modérée. Enfin, la Banque du Japon maintient le statu-quo monétaire.

En Chine, on note un essoufflement de l’investissement, dont la croissance annuelle ralentit à 3,9%. Les ventes au détail suivent une dynamique similaire avec une croissance qui passe sous la barre des 9%, à 8,5 %. Du côté de la politique monétaire, la Chine a procédé en juin à une deuxième baisse de son ratio de réserve obligatoire.

 

 

 

Mai 2018

En bref

Le mois de mai a été marqué par un regain d’incertitudes en Europe quant à la situation politique en Italie et en Espagne. Du côté américain, les évolutions et revirements ont été nombreux en matière de mesures commerciales et de positionnement géopolitique. Sur le plan économique, les données américaines publiées sur le mois confirment la robustesse de l’activité au deuxième trimestre. En zone euro, les publications ont été plutôt rassurantes après un début d’année timoré. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 3,1% et termine le mois à près de 1,17 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 3,2% et termine à 77 dollars.

 

Sébastien Berthelot, le 4 juin 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, le Président américain a annoncé le retrait de son pays de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Cette décision implique le rétablissement immédiat des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, ce qui prohibe tous nouveaux contrats ou flux financiers avec Téhéran. Dans le dossier nord-coréen, la rencontre avec Kim Jong-un, qui a dans un premier temps été annulée, devrait finalement avoir lieu le 12 juin à Singapour. Concernant la politique commerciale, le risque d’escalade s’est intensifié au cours du mois. Quelques jours après avoir trouvé un accord avec la Chine pour suspendre les hausses de droits de douanes, les Etats-Unis ont finalement annoncé envisager des droits supplémentaires sur 50 Mds$ d’importations en provenance de Chine. De plus, les Etats-Unis n’ont pas prolongé au-delà du 1er juin l’exemption de droits de douanes additionnels sur l’acier et l’aluminium pour l’Union européenne, le Mexique et le Canada, s’exposant à des mesures de représailles. Du côté des données économiques, la tonalité des publications a été nettement positive et conforte notre vision d’une économie américaine toujours bien orientée. Les dépenses des ménages en volume ont progressé de 0,4% en glissement mensuel en avril et l’estimation du mois de mars a été révisée en hausse à 0,5%. La croissance annuelle des dépenses en volume accélère ainsi à 2,7%. Sur le marché du travail, la dynamique est restée positive en avril. Du côté de la Réserve Fédérale, le comité de politique monétaire n’a pas modifié son taux directeur lors de la réunion d’avril et dresse un bilan positif de la dynamique d’activité. Les modifications du communiqué démontrent que les inquiétudes quant à la faiblesse de l’inflation sont moins fortes parmi les banquiers centraux.

 

 

europe

En Zone Euro, la modération de l’activité au premier trimestre, largement anticipée au regard des données sur la période de janvier à mars, a finalement été relativement modeste. Le PIB de la zone euro croît de 0,4% au 1er trimestre (+0,7% au trimestre précédent) et ralentit à 2,5% en rythme annuel. Le marché du travail continue par ailleurs d’évoluer favorablement avec un taux de chômage qui retrouve en mars son niveau de janvier 2009. Les données d’activité réelle, comme la production industrielle et les échanges commerciaux, ont été encourageantes en mars après un début d’année timoré. Du côté des données d’enquête, les indices de confiance signalent en mai une tendance à la modération de l’activité par rapport à la fin d’année 2017, mais un rythme de croissance sous-jacent toujours favorable.

En Italie, les rebondissements quant à la formation d’un gouvernement ont émaillé le mois. Après plusieurs semaines de tractations, le Président de la République a finalement donné son accord à la formation d’un gouvernement de coalition regroupant le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue, et à la tête duquel se trouvera Giuseppe Conte. Si cet accord écarte le risque de crise institutionnelle, les incertitudes demeurent toutefois quant à la robustesse de cette alliance et à l’orientation de sa politique budgétaire. En Espagne, les perspectives du gouvernement actuel se sont assombries. Le Premier ministre M. Rajoy est mis en difficulté suite à une affaire de corruption touchant des membres du Parti populaire. Une motion de défiance, proposée par le Parti socialiste, pourrait être votée rapidement.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données publiées sur le mois sont mitigées. Sur le plan commercial, les exportations rebondissent en avril après trois mois consécutifs de baisse, et retrouvent une croissance annuelle relativement dynamique, à plus de 9%, ce qui laisserait supposer que la modération enregistrée sur le début d’année n’a été que temporaire. Concernant l’indicateur de confiance PMI, la reprise enregistrée en avril ne s’est pas poursuivie en mai, et l’indice ressort en baisse à 52,5 points en mai.

En Chine, les données d’activité du mois d’avril montrent une certaine résilience de l’industrie à l’entrée du deuxième trimestre. La production du secteur enregistre un rebond de sa croissance annuelle à 7%. A contrario, du côté des ménages les ventes au détail sont en léger ralentissement en avril.

 

 

 

 

Avril 2018

En bref

Sur le mois d’avril, les développements en termes de politique commerciale ont de nouveau occupé le devant de la scène, avec une escalade d’annonces protectionnistes entre la Chine et les Etats-Unis. Sur le plan économique, les données américaines restent robustes, tandis qu’en zone euro, un léger essoufflement sur le premier trimestre se dessine. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 2% et termine le mois à près de 1,21 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 7,0% et termine à 75 dollars.

 

Marie Thibout, le 3 mai 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, la publication du Produit Intérieur Brut (PIB) pour le premier trimestre 2018 conforte notre vision positive de la conjoncture américaine : sur la période, l’activité a été soutenue par l’investissement, et la croissance annuelle accélère à 2,9%, soit son rythme le plus dynamique depuis 2015. Dans l’industrie, l’ISM manufacturier se modère quelque peu en mars, mais reste sur des niveaux décrivant une activité robuste dans le secteur. Sur le mois, le niveau de production enregistre une nouvelle hausse, portant son rythme de croissance annuelle à plus de 4%. Les créations d’emploi se sont normalisées en mars après la très forte hausse de février dernier. Les données du marché du travail restent toutefois solides : en moyenne sur les trois premiers mois de l’année, l’économie américaine a créé 200 000 emplois par mois, et la dynamique des rémunérations se renforce, avec une croissance annuelle du salaire hebdomadaire qui atteint plus de 3%. Dans ce contexte, l’inflation américaine ressort en hausse en mars, à 2,4%. Enfin, sur le plan commercial, l’administration Trump a dévoilé une liste de 1333 produits importés de Chine qui pourraient faire l’objet d’une hausse de tarifs douaniers de 25%. La Chine a répliqué en annonçant une possible hausse similaire des tarifs sur 50 Mds$ d’importations en provenance des Etats-Unis.

 

 

 

europe

En Zone Euro, les données publiées sur le mois sont plus mitigées, sans pour autant remettre en cause notre scénario d’une poursuite de l’amélioration conjoncturelle européenne. Les comptes nationaux en France attestent d’un essoufflement de la croissance au 1er trimestre. Le PIB ne progresse que de 0,3% contre une moyenne proche de 0,6% sur les cinq derniers trimestres. De leur côté, les enquêtes de conjoncture portant sur les conditions d’activité en avril se stabilisent après le net recul des indices de confiance enregistré en février puis en mars. Ce phénomène laisse présager que le point haut de l’activité pour les entreprises de la zone euro aurait été atteint en fin d’année passée et que la croissance européenne pourrait revenir sur un rythme de croisière en 2018, légèrement en deçà de celui de 2017. La production industrielle de la zone recule pour le troisième mois consécutif en février, et voit son rythme de croissance annuelle se modérer, à 2,9%. Enfin, du côté des prix à la consommation, le taux annuel d’inflation se reprend quelque peu en mars, à 1,4% après 1,1% en février. Sur le plan politique, la formation du gouvernement italien reste en suspens, les tractations entre les différents partis n’ayant pas permis pour l’instant de faire émerger une coalition.

Au Royaume-Uni, la publication des chiffres de croissance pour le T1 2018 confirme le ralentissement de l’économie qui progresse de 0,1% sur le trimestre (plus bas depuis le T4 2012). Du côté politique, les dissensions semblent prendre de l’ampleur au sein de la majorité conservatrice alors que douze députés conservateurs se sont prononcés, contre la position du gouvernement, en faveur d’une union douanière.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les données publiées sur le mois sont mitigées. L’indicateur de confiance des directeurs d’achat PMI se maintient sur des niveaux relativement porteurs, et l’industrie se reprend pour le deuxième mois consécutif en mars. Toutefois, ce mouvement ne suffit pas à compenser le retrait enregistré en janvier dernier : la production est en baisse sur le premier trimestre en comparaison des niveaux atteints sur le quatrième trimestre 2017. 

En Chine, en dehors des tensions commerciales avec les Etats-Unis, les données d’activité publiées pour le premier trimestre de l’année montrent une stabilité de la croissance annuelle, à 6,8%. Cette dernière, contrairement à l’année passée, est grevée par la contribution négative du commerce extérieur et a été a contrario soutenue par la consommation et dans une moindre mesure par l’investissement. Du côté de la politique monétaire, la banque centrale a abaissé son ratio de réserves obligatoires, illustrant sa volonté de pallier le ralentissement des flux de financement (à la suite du recul des financements accordés par le secteur non bancaire), en libérant de la liquidité pour les banques commerciales, et ainsi stimuler les crédits accordés par les institutions financières bancaires.

 

 

 

Mars 2018

En bref

L’actualité du mois de mars a été très riche sur le plan politique avec, en Europe, les élections législatives italiennes et, de l’autre côté de l’Atlantique, l’instauration par l’administration Trump de mesures protectionnistes visant notamment la Chine. Sur le plan économique, la situation conjoncturelle reste favorable mais les données d’activité indiquent une légère modération en ce début d’année 2018. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,9% et termine le mois à près de 1,23 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 6,8% et termine à 70 dollars.

 

Pierre Bossuet, le 3 avril 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, le mois de mars a été marqué par la mise en place de mesures protectionnistes par l’administration Trump. Le président américain a notamment annoncé l’instauration de droits de douanes supplémentaires sur les importations d’acier et d’aluminium. Ces mesures excluent toutefois temporairement plusieurs pays dont le Canada, le Mexique ainsi que les membres de l’UE. Par ailleurs, l’administration américaine a également annoncé le 22 mars une série de mesures protectionnistes visant spécifiquement la Chine. Sur le plan économique, la situation conjoncturelle demeure favorable comme l’illustre la bonne orientation des indicateurs de confiance des entreprises. La production industrielle maintient une dynamique positive (4,4% l’an en février) portée notamment par la production minière et les équipements de transports. Côté consommation, on note un léger recul des ventes au détail sur le mois de février, recul qui n’entame pas une tendance générale qui reste positive (4% l’an) alors que les créations de postes augmentent (313 333 emplois en février) et que le revenu disponible progresse. Enfin, la réserve fédérale a relevé son taux directeur de 0,25%, portant ainsi la fourchette à [1,5% ; 1,75%]. Le comité de politique monétaire anticipe une trajectoire plus haussière pour les taux directeurs et ce en dépit d’une inflation qui devrait rester proche de la cible au cours des trois années à venir et d’une évolution des salaires qui demeure modeste.

 

 

europe

En Zone Euro, le mois a été marqué par la tenue des élections législatives italiennes aux termes desquelles aucune majorité claire n’a émergé. Le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la coalition de centre-droit enregistrent respectivement des scores de 32% et de 37% tandis qu’au sein de la coalition, la ligue du nord fait une nette percée avec 19% des voix. En Allemagne, Angela Merkel a été reconduite à la chancellerie pour un quatrième mandat qui s’appuiera sur une coalition entre les conservateurs du CDU-CSU et les socio-démocrates du SPD. Sur le plan économique, les enquêtes de conjoncture du mois de mars restent favorables mais révèlent une modération de l’optimisme. La production industrielle se replie sur le mois en Allemagne, en Espagne et en France en raison notamment d’un recul de la production d’énergie. On note par ailleurs des développements positifs sur le marché du travail avec une hausse des créations d’emplois. Enfin, du côté de la politique monétaire, la BCE a décidé à l’unanimité de retirer la mention qui signalait la possibilité d’accroître le volume ou de prolonger la durée de son programme d’achat d’actifs en cas de conditions économiques moins favorables.

Au Royaume-Uni, les négociateurs européens et britanniques ont annoncé avoir trouvé un accord politique sur le texte de retrait. Les deux parties se sont notamment accordées sur le montant du règlement financier, la période de transition (du 30 mars 2019 au 31 décembre 2020) et le droit des ressortissants. La question de la frontière nord-irlandaise demeure toutefois entière en l’absence de contre-proposition britannique. Côté économique, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux inchangé mais adopte un ton plus restrictif alors que l’inflation ralentit (2,7% en février) et que la croissance des salaires nominaux accélère.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, la production industrielle ralentit sur le mois de janvier avec une croissance annuelle de 1%, ce qui se reflète par ailleurs dans les indicateurs de confiance avec une modération de l’optimisme. Du côté des ménages, on note un rebond des dépenses de consommation. Le taux de chômage diminue en janvier à 2,4% tandis que les salaires progressent modérément. Enfin, l’inflation enregistre une progression annuelle de 1,5% en février.

En Chine, les données économiques sont de bonne facture avec une accélération des ventes au détail et de la production industrielle. La Banque Centrale Chinoise a augmenté de 5 points de base son taux de repo à 7 jours dans le sillage de la décision de la FED. Côté politique, l’Assemblée a voté la suppression de la règle interdisant au Président de réaliser plus de deux mandats. Enfin, en réaction aux mesures protectionnistes américaines, la Chine a annoncé une hausse des tarifs douaniers sur 128 produits importés des Etats-Unis. 

 

 

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