Environnement Économique

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Juin 2019

En bref

Le mois de juin aura, encore une fois, été rythmé par les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Ces dernières, en pause depuis presque deux mois, ont finalement repris à l’occasion du G20. Sur le plan économique, l’économie américaine demeure solide, même si elle a continué d’afficher des signaux de ralentissement dans le secteur manufacturier. En Zone euro, le climat des affaires dans le secteur manufacturier demeure dégradé. Dans un contexte d’incertitudes toujours très marquées, les banques centrales européenne et américaine ont envoyé un message plus accommodant. La Réserve Fédérale américaine anticipe désormais une baisse de taux en 2020 tandis que la Banque Centrale Européenne a prolongé son guidage prospectif des taux d’intérêt. En Chine, l’activité a continué de ralentir dans le secteur industriel. La consommation s’est toutefois montrée un peu plus robuste. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 2,1% et termine le mois à 1,138 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 3,2% et termine à 66,6 dollars.

Pierre Bossuet, le 4 juillet 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, la rencontre entre M. Trump et M. Xi lors du sommet du G20 a abouti à une reprise des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Si aucune avancée majeure sur le fond n’a été enregistrée, le Président Donald Trump s’est engagé à ne pas imposer de nouveaux droits de douanes sur les produits chinois et la société Huawei serait de nouveau autorisée à utiliser des technologies américaines. Par ailleurs, Donald Trump a annoncé que les hausses de tarifs douaniers de 5% sur les importations mexicaines, qui devaient entrer en vigueur le 10 juin, sont « suspendues indéfiniment ». Dans le secteur manufacturier, les indicateurs d’enquête ont continué de décrire une modération de l’activité dans un contexte de pessimisme croissant vis-à-vis de l’évolution du commerce international. Les données de production ont toutefois indiqué un rebond de la production au mois de mai. Du côté des ménages, la bonne tenue de la consommation s’est confirmée en mai avec une progression des dépenses réelles, soutenue par la bonne orientation des services. Du côté de la politique monétaire, la FED a opté pour le statu quo mais a envoyé des signaux clairement plus accommodants. Une majorité de membres envisage désormais une baisse de taux en 2020, et 8 membres sur 17 en anticipent une en 2019.

 

 

 

europe

En Zone Euro, la faiblesse du secteur manufacturier s’est prolongée. La production industrielle a reculé en avril et les indicateurs de confiance indiquent une situation toujours très dégradée au mois de juin, en particulier en Allemagne et en Italie. Les indicateurs de confiance sont toutefois mieux orientés dans le secteur des services. Le marché du travail apparaît toujours dynamique et le taux de chômage poursuit sa baisse tendancielle. La Banque Centrale Européenne a adopté un discours plus accommodant en procédant à une nouvelle extension de ses indications prospectives sur la trajectoire des taux d’intérêt : les taux directeurs resteront ainsi à leurs niveaux actuels au moins pendant le premier semestre 2020 (contre décembre 2019 auparavant). Le Président de la BCE, Mario Draghi, a par ailleurs précisé que le Conseil des gouverneurs se tenait prêt à utiliser tous les outils possibles si les risques pesant sur l’économie mondiale (tensions commerciales et Brexit notamment) venaient à se matérialiser. Enfin, le Conseil des gouverneurs a précisé les modalités de la troisième série d’opérations de refinancement de long terme ciblé (TLTRO III). 

Au Royaume-Uni, l’économie s’est repliée après le rebond du premier trimestre. La production industrielle s’est nettement contractée tandis que les indicateurs de confiance indiquent une dégradation du climat des affaires. La Banque d’Angleterre estime par ailleurs que la croissance devrait stagner au second trimestre. Au niveau politique, Boris Johnson et Jeremy Hunt ont été sélectionnés par les députés conservateurs et seront soumis au vote des membres du parti pour le poste de premier ministre.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, l’économie a continué de ralentir alors que le freinage de la demande asiatique pénalise le commerce extérieur du pays. 

En Chine, les données publiées ont confirmé le ralentissement de l’activité. La production industrielle a poursuivi sa modération, à 5,0% en glissement annuel en mai. De même, l’investissement freine sur la période, aussi bien dans le secteur public que le secteur privé. En revanche, les ventes au détail, en net ralentissement le mois précédent, se reprennent. Sur la période, la croissance des flux de financement a été stable mais supérieure aux objectifs de stabilisation de l’endettement du gouvernement.

En Inde, la banque centrale a décidé de réduire de 25 points de base son taux directeur, à 5,75%, son niveau le plus bas depuis 2010.

 

 

 

Mai 2019

En bref

Tout au long du mois de mai, les tensions commerciales et politiques entre l’administration américaine et les autorités chinoises se sont intensifiées, avec en point d’orgue les enjeux de puissance autour de la société technologique Huawei. Encore bien portante, l’économie américaine a néanmoins vu les signaux de ralentissement dans l’industrie se renforcer sur le 2ème trimestre. En Zone euro, le climat des affaires se stabilise mais ne laisse pas entrevoir d’amélioration à court terme. En Chine, le sursaut d’activité à la fin du 1er trimestre aura été de courte durée à en croire le nouveau fléchissement des indicateurs d‘activité en avril. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,6% et termine le mois à 1,115 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent chute de 11,4% et termine à 64,5 dollars.

Recherche économique, le 3 juin 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, les faits marquants sur le mois ont été la multiplication des signaux de ralentissement de la sphère industrielle à l’entrée du 2ème trimestre et la résurgence des crispations commerciales avec la fin des espoirs sur la signature d’une accord commercial, au moins à court terme, avec la Chine. Du côté du secteur industriel, le momentum semble désormais moins porteur avec la modération des commandes de biens durables en avril et le fléchissement des indicateurs de confiance PMI mettant en avant la réduction de la visibilité pour les entreprises, conséquence directe des nouvelles hausses tarifaires décidées par l’administration américaine à l’encontre de la Chine et du Mexique. En effet, le Président américain a décidé de relever les droits de douane à 25% pour 200Mds$ d’importations chinoises et a placé Huawei sur une liste de sociétés qui prive les entreprises et les administrations américaines d’acheter des équipements et des services, ou de travailler avec des entreprises tierces qui seraient clientes de Huawei. Par ailleurs, D. Trump a annoncé une hausse des droits de douane de 5% sur tous les produits importés du Mexique, et jusqu’à 25% d’ici octobre, si le pays ne contenait pas les flux de migrants clandestins. Dans ses dernières minutes, la Réserve Fédérale estime que la croissance américaine reste solide, tandis que de nombreux participants jugent transitoire la récente faiblesse de l’inflation. Les membres de la Fed estiment que le statu quo et une approche patiente restent appropriés dans la conduite de la politique monétaire.

 

 

europe

En Zone Euro, l’actualité politique a occupé le devant de la scène avec le résultat des élections européennes et le début des grandes manœuvres pour les nominations à la tête des institutions. Ces élections ont confirmé la fragmentation du Parlement européen avec une dispersion des voix au détriment des partis traditionnels (PPE et Sociaux-Démocrates). Même si la coalition devrait a priori s’organiser autour de ces deux forces, nous constatons une progression dans la répartition des sièges des écologistes, des libéraux (ADLE) et des partis à tendance eurosceptique (ENL et ELDD). Réunis en fin de mois, les chefs d’Etat n’ont pas encore trouvé de consensus sur le nom des successeurs à la présidence de la BCE, de la Commission et du Conseil de l’UE, qui devront être soumis au vote du Parlement européen après le Conseil européen de fin juin. Au plan économique, les enquêtes de conjoncture se sont stabilisées mais restent dégradées en ce qui concerne l’activité manufacturière, en particulier en Allemagne. En avril, la consommation faiblit en Allemagne et reste bien orientée en France. 

Au Royaume-Uni, une page se tourne dans les négociations du Brexit. Face à la fronde soulevée par un possible vote sur un second référendum, la Première ministre britannique a annoncé sa démission. T. May quittera la présidence du parti conservateur le 7 juin et son successeur pourrait être désigné en juillet. Conjoncturellement, l’économie britannique rebondit au 1er trimestre (+0,5%) dans un contexte d’accumulation record des stocks et de maintien de la consommation privée.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon,malgré un léger mieux de l’industrie en avril (+0,8%), la publication des indicateurs avancés a confirmé la position moins favorable du pays dans le cycle.

A l’entrée du 2ème trimestre, les statistiques chinoises suggèrent que le rebond d’activité en mars aura été de courte durée. Dans l’industrie, la production se normalise en avril, à 5,4% en rythme annuel. Même constat à travers les données d’investissement, où le ralentissement structurel des dépenses du secteur privé est uniquement contenu par la vigueur de l’investissement public, sur fond d’accroissement de l’endettement. La reprise de la consommation a aussi été en trompe l’œil puisque les ventes au détail ralentissent en avril. Enfin, la Chine a annoncé des représailles aux décisions américaines en augmentant les droits de douane dans une fourchette allant de 5 à 25% sur 60Mds$ d’importations américaines. Les autorités vont mettre en place une liste des entités « non fiables » ciblant les entreprises et individus étrangers à l’image des actions prises à l’encontre de Huawei par les Etats-Unis et ont rappelé l’importance du pays dans la production de terres rares, ressources vitales à certaines industries américaines.

 

 

 

Avril 2019

En bref

En dépit d’un environnement mondial moins porteur, la croissance du premier trimestre 2019 a été résistante aux Etats-Unis et en zone Euro. La composition de la croissance américaine sur le trimestre laisse toutefois transparaître une dynamique d’activité plus modeste et les signaux négatifs dans le secteur industriel européen se sont renforcés. Quant à l’issue du Brexit, celle-ci est toujours incertaine, un nouveau report de six mois ayant été accordé au Royaume-Uni. En Chine, les données rendent compte d’une stabilisation de l’activité, favorisée par les mesures de soutien. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,1% et termine le mois à 1,122 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 6,4% et termine à 72,8 dollars.

Recherche économique, le 2 mai 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, le rythme de croissance du PIB s’est accéléré, avec une progression de 0,8% en glissement trimestriel. La croissance annuelle atteint ainsi 3,2%. Ce regain d’activité a pour principales contributions l’accumulation des stocks par les entreprises ainsi que la contraction des importations, soit deux éléments au caractère transitoire. La dynamique de croissance reste toutefois bien ancrée avec des contributions plus durables telles que la hausse de l’investissement des entreprises, notamment dans le domaine de la R&D. Dans l’industrie, les signaux sont contrastés. Les commandes de biens durables ont nettement rebondi en mars (+2,7% en glissement mensuel), mais les indicateurs d’enquête auprès des entreprises du secteur manufacturier décrivent une activité plus modérée. Du côté du déficit commercial, qui avait atteint fin 2018 un niveau record, ce dernier s’est réduit de façon significative en raison du recul des importations et de la hausse des exportations. Concernant le marché du travail, le rapport d’emploi de mars indique un fort rebond des créations d’emplois (+196 000) après un mois de février décevant. La croissance annuelle des salaires reste supérieure à 3% et le taux de chômage se maintient à un niveau très faible (3,8% de la population active). Dans ce contexte, l’inflation reste toutefois très modérée. La croissance annuelle des prix à la consommation hors alimentation et énergie ralentit ainsi à 2% en mars. 

 

europe

En Zone Euro, la croissance du PIB s’établit à 0,4% pour le premier trimestre 2019, portée principalement par la consommation et les stocks. La publication des indices de confiance nationaux pour le mois d’avril traduit néanmoins des situations contrastées. En Allemagne, le climat des affaires IFO recule de nouveau ce mois-ci et s’établit à 99,2. En France, les enquêtes de conjoncture de l’INSEE attestent du maintien du climat des affaires dans tous les secteurs, à l’exception notable de l’industrie. On perçoit la persistance de cette dichotomie entre un secteur des services qui se montre résistant et un secteur industriel morose. Concernant la politique monétaire, la Banque Centrale Européenne a confirmé, à la suite de sa réunion, être en réflexion sur d’éventuelles mesures complémentaires afin de corriger les effets pénalisants du taux de dépôt négatif (-0,4%) sur la profitabilité du système bancaire. En Espagne, le Parti Socialiste de Pedro Sanchez est arrivé en tête des élections législatives (123 sièges sur les 350). Comme attendu, le Congrès des députés est néanmoins très fragmenté. Malgré sa victoire, le Parti Socialiste ne dispose pas de la majorité absolue et devra composer avec d’autres partis politiques pour gouverner. 

Au Royaume-Uni, les incertitudes autour du Brexit restent élevées. Un nouveau report a été décidé lors du Conseil européen d’urgence du 10 avril. Cette nouvelle échéance est fixée au 31 octobre mais reste flexible. Le Royaume-Uni pourrait quitter l’UE plus rapidement si Theresa May parvient à faire ratifier l’accord de retrait par la Chambre des Communes. Cette prolongation oblige le Royaume-Uni à participer aux élections européennes des 25 et 26 mai.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, l’activité reste peu dynamique, comme en témoigne la faiblesse de la production industrielle (baisse mensuelle de 0,9%) ainsi que le recul des exportations induit par le net ralentissement de la zone Asie. Concernant la banque centrale du Japon (BoJ), l’orientation de sa politique monétaire reste très accommodante. Le comité de politique monétaire envisage désormais de laisser sa politique inchangée pendant une longue période de temps, au moins jusqu’au printemps 2020.  En Chine, la publication du PIB du premier trimestre indique une stabilisation de la dynamique d’activité sur un rythme de croissance annuelle de 6,4%. Du côté du secteur industriel, la production s’est nettement reprise, de 5,7% à 8,5% l’an en mars, tandis que du côté des ménages, les ventes au détail accélèrent à 8,7% l’an. Ces progrès sont à mettre en relation avec les mesures de soutien prises par le gouvernement depuis le début d’année. 

 

 

 

Mars 2019

En bref

Le climat d’incertitudes économique et politique, décrit dans nos perspectives, a perduré en mars. Deux événements majeurs auront marqué le mois. D’une part, les banquiers centraux de la Fed et de la BCE ont infléchi leur orientation monétaire vers une approche plus prudente en 2019. D’autre part, la Chambre des communes a rejeté, pour la troisième fois, l’accord de retrait signé par Theresa May et les officiels de l’Union européenne. Les votes indicatifs qui se sont tenus pour trouver une alternative à cet accord n’auront pas permis de clarifier la situation sur l’issue du Brexit. Sur le plan économique, la confiance des industriels européens tout comme les statistiques chinoises attestent d’une faiblesse persistante de l’activité. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,6% et termine le mois à près de 1,142 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 7% et termine à 66 dollars.

 

Thomas Foicik, le 29 mars 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’économie conserve une dynamique positive en mars malgré quelques signes de modération de l’activité dans le secteur industriel. En effet, l’indicateur ISM manufacturier a perdu un peu de hauteur à 54,2 points en mars tandis que la production et les commandes industrielles ont faiblement progressé en février. Le recul des importations de produits à destination de l’industrie atteste aussi d’un moindre dynamisme du secteur. Du côté de l’emploi, le rapport de février illustre une forte volatilité des créations de poste (seulement 20 000 postes, après 311 000 en janvier). Les autres éléments confirment néanmoins la bonne tenue du marché du travail avec des salaires en hausse de 3,4% sur un an et un taux de chômage au plus bas. Enfin, la Réserve fédérale (Fed) a confirmé son virage vers une approche patiente et prudente lors de la réunion de politique monétaire de mars. Les membres du FOMC n’envisagent désormais plus de hausse de taux directeur en 2019 et une hausse en 2020. Les perspectives de croissance ont été révisées en baisse pour 2019, passant de 2,3% à 2,1%. Les pressions inflationnistes étant très faibles et les risques extérieurs toujours présents, le comité juge qu’il est urgent de ne rien faire, et ce pour une période prolongée. La Fed a également fourni des précisions sur le pilotage de son portefeuille de titres : la réduction de la taille du bilan devrait s’achever en septembre 2019.

 

 

 

 

europe

En Zone Euro, la situation économique est contrastée avec, d’un côté, la bonne tenue de l’emploi et du secteur des services, et de l’autre, une dégradation assez nette du climat des affaires dans le secteur manufacturier en mars. En témoigne l’indice PMI manufacturier qui chute sur un plus bas de 6 ans à 47,6 points et signale une détérioration des carnets de commandes et de la production. Par ailleurs, cette faiblesse du secteur, particulièrement en Allemagne, a été confirmée par les enquêtes IFO et de la Commission européenne. A l’inverse, les indices dans le secteur des services montrent pour l’instant une certaine résistance de la demande domestique. L’indice PMI services est stable en mars à 52,7 points mais pointe vers une croissance modeste. Toutefois, les premières indications issues des ventes au détail se sont révélées encourageantes pour la consommation au premier trimestre. Sur le plan monétaire, la BCE a révisé sa prévision d’inflation pour 2019 (1,2%) et décidé de prolonger sa politique de taux bas actuel au moins jusqu’à la fin 2019. De plus, l’institution monétaire va procéder à de nouvelles opérations de fourniture de liquidité à long terme (TLTRO3) et réfléchirait à prendre des mesures pour corriger les effets des taux négatifs sur la profitabilité du secteur bancaire.

Au Royaume-Uni, la Chambre des communes a rejeté, pour la troisième fois, l’accord de retrait signé entre Theresa May et les officiels de l’Union européenne avec un écart de 58 voix (286 pour—344 contre). A fin mars, aucun des votes indicatifs qui se sont tenus pour trouver une alternative à cet accord n’a réuni une majorité pour clarifier la position du Parlement sur l’issue du Brexit. Un Conseil européen d’urgence a été convoqué pour le 10 avril. De leur côté, les publications économiques ont plutôt surpris positivement sur la période avec un nouveau recul du taux de chômage, une progression des ventes au détail et de la production industrielle.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, l’activité dans le secteur manufacturier reste faible malgré le rebond mensuel de la production en février. Ceci est confirmé par l’évolution de l’indice PMI manufacturier en territoire négatif depuis février. Sur le front de l’emploi, la situation reste favorable mais peine à se retranscrire dans la dynamique de consommation. En Chine, le Congrès du Parti communiste chinois a acté un abaissement de la cible de croissance pour l’année 2019, fixée entre 6 et 6,5%. Les autorités signalent leur intention de stabiliser le niveau d’endettement de l’économie en limitant la croissance du crédit à un rythme similaire au PIB nominal. Enfin, la politique budgétaire sera proactive avec une réduction de la fiscalité à travers une baisse de la TVA. Enfin, la batterie d’indicateurs sur la période janvier-février illustre le ralentissement de l’industrie et des échanges même si on décèle quelques signes de stabilisation du côté de l’investissement.

 

 

 

 

 

Février 2019

En bref

Les négociations sino-américaines ont enregistré des progrès au cours du mois, permettant d’envisager la conclusion d’un accord commercial à court terme. Sur le plan économique, le ralentissement en Europe et en Asie se confirme, tandis que les Etats-Unis affichent une activité résistante, bien qu’en légère modération. Les négociations du Brexit se sont poursuivies sans avancée majeure alors que la date butoir du 29 mars approche. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié contre dollar de 0,6% et termine le mois à près de 1,142 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 7% et termine à 66 dollars.

 

Sébastien Berthelot, le 4 mars 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, l’activité est restée bien orientée au quatrième trimestre 2018, en dépit des signaux de modération qui ont émergé au cours des derniers mois. Le PIB a progressé de 0,6% en glissement trimestriel, après 0,8% au T3. La croissance a reposé une nouvelle fois sur la vigueur de la consommation et de l’investissement des entreprises. Concernant le marché du travail, l’économie américaine a maintenu un rythme de création de postes très soutenu en janvier avec 304 000 postes, après 222 000 en décembre. Du côté des salaires, la croissance annuelle reste solide à 3,2%. En matière de politique monétaire, la patience reste de mise quant au prochain mouvement de taux directeur. Le processus de réduction du bilan de la Réserve Fédérale pourrait prendre fin sur le second semestre 2019, selon les minutes de la réunion du FOMC de janvier. Le comité prévoit de communiquer prochainement sur un arrêt de la baisse des réinvestissements. Dans l’industrie, les indicateurs d’enquête se sont globalement redressés en janvier et février, après la forte baisse enregistrée en décembre. Les données réelles, telles que les commandes à l’industrie et la production décrivent toutefois une modération du dynamisme du secteur. Sur le plan international, les négociations commerciales avec la Chine ont connu des avancées au cours du mois. Le Président Trump a ainsi annoncé une prolongation des discussions au-delà du 1er mars et évoqué la possibilité d’un accord dans les prochaines semaines.

 

 

europe

En Zone Euro, le ralentissement de l’économie sur la fin d’année s’est confirmé dans les publications du PIB tandis que les indicateurs publiés sur le mois décrivent toujours une croissance faible. Dans ce contexte, la Commission Européenne a significativement revu ses prévisions de croissance à la baisse pour la zone et anticipe désormais une croissance de 1,3% en 2019. En 2018, l’Allemagne a fortement ralenti sur la fin de l’année mais évite la récession en affichant au quatrième trimestre une croissance nulle, portant ainsi la croissance annuelle moyenne du pays à 1,5% (en recul par rapport à l’année précédente). En ce début d’année, la faiblesse de l’activité semble se prolonger au sein du secteur manufacturier. L’indicateur PMI du secteur passe sous le seuil de contraction, tiré à la baisse par la mauvaise orientation du secteur manufacturier allemand et italien. La dynamique est en revanche plus encourageante du côté des services, en particulier en Allemagne où la demande interne pourrait apporter un soutien. Du côté du marché du travail, le taux de chômage poursuit son déclin tendanciel pour atteindre 7,8%, son plus faible niveau depuis 2008. Au niveau politique, le mois aura été marqué par la convocation d’élections législatives anticipées le 28 avril par le Premier ministre espagnole P. Sanchez, suite à l’échec du vote du budget 2019.

Au Royaume-Uni, la Première ministre, toujours en pourparlers avec UE, devrait soumettre le texte issu des négociations au vote du parlement britannique le 12 mars. Face à des députés majoritairement hostiles à une sortie sans accord, Theresa May a fait une concession en donnant à la chambre des Communes la possibilité de voter pour un décalage de la date de sortie, en cas de rejet du nouveau texte par le parlement.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, les signaux de fléchissement de l’activité se sont renforcés. La production industrielle enregistre une baisse de 3,7% en glissement mensuel en janvier, confirmant la contraction de l’activité industrielle suggérée par le PMI manufacturier de février, à 48,5.

En Chine, la modération dans l’industrie persiste en ce début d’année. Les indicateurs PMI manufacturiers se sont maintenus sous le seuil de 50 en février qui indique une contraction de l’activité. Sur le plan du commerce extérieur, l’excédent de la balance des biens s’est réduit en janvier, passant de 57 Mds$ à 39Mds$, sous l’effet d’une hausse marquée des importations.

En Inde, le mois a été marqué par une très vive montée de tensions avec le voisin pakistanais.

 

 

 

Janvier 2019

En bref

C’est dans un contexte d’incertitudes élevées que s’ouvre l’année 2019. Les interrogations concernant l’avancée des négociations commerciales sino-américaines, le ralentissement apparent de l’économie chinoise mais aussi l’épineuse question du Brexit constituent autant de risques potentiels pour l’économie mondiale, qui semble marquer le pas en ce début d’année. Le FMI a ainsi revu à la baisse ses perspectives de croissance pour l’année 2019 et 2020. Pour autant, la dégradation de l’activité est hétérogène et touche principalement la Zone euro. L’économie américaine, pour sa part, maintient une activité solide. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié contre dollar de 0,3% et termine le mois à près de 1,148 dollar pour un euro. Le prix du baril de pétrole Brent progresse de 15% et termine à 61,9 dollars.

 

Pierre Bossuet, le 4 février 2019

 

amerique

Aux Etats-Unis, la période a été marquée par la fermeture partielle du gouvernement fédéral durant 35 jours, jusqu’au 25 janvier, date à laquelle Donald Trump a signé une loi permettant la reprise des activités durant trois semaines sans pour autant parvenir à un accord avec les Représentants Démocrates de la chambre autour de la question du financement du mur à la frontière mexicaine. Du côté de l’activité, les indicateurs de confiance montrent une modération de l’optimisme sans qu’on observe toutefois de décrochage dans les chiffres d’activité. Dans le secteur manufacturier, les indicateurs d’enquête demeurent sur des niveaux indiquant une expansion tandis que la production industrielle continue de progresser en décembre. Du côté des ménages, on observe une dynamique similaire avec une confiance en léger repli mais sur des niveaux élevés. Le marché du travail demeure par ailleurs très bien orienté en décembre et en janvier avec un rythme de création de postes encore très soutenu. Enfin du côté de la Réserve Fédérale américaine, le comité de politique monétaire a significativement infléchi son discours en ne faisant plus référence dans son communiqué à une poursuite de son resserrement monétaire. Face à un contexte économique mondial perturbé, la Réserve Fédérale invoque dorénavant la « patience » et semble donc s’orienter vers une pause durable de son cycle de resserrement.

 

 

 

europe

En Zone Euro, les données du mois montrent que les économies traversent une zone de turbulence. Des chocs de nature a priori transitoires, comme l’introduction de nouvelles normes dans le secteur automobile ou le mouvement des « gilets jaunes » en France, ont en effet perturbé l’activité. Au quatrième trimestre, l’activité ralentit avec un taux annuel de croissance de 1,2%. Les performances par pays sont, encore une fois, assez hétérogènes. Sur le quatrième trimestre, l’activité demeure robuste en Espagne, se maintient en France mais se contracte en Italie pour le deuxième trimestre consécutif, ce qui place le pays en récession. En Allemagne, la croissance devrait progresser faiblement durant la période. Sur la fin d’année, les données d’activité en Allemagne et en France confirment ce ralentissement avec des chiffres décevants dans l’industrie en novembre ainsi qu’une contraction de la consommation en décembre. Les indicateurs de confiance indiquent par ailleurs une détérioration du climat des affaires sur le début d’année.

Au Royaume-Uni, le mois a été principalement marqué par les négociations du Brexit. Après avoir massivement rejeté l’accord de retrait issu des négociations entre l’Union Européenne, les députés de la chambre des Communes ont voté pour une renégociation du point le plus controversé de l’accord, la solution de recours pour l’Irlande du Nord. Theresa May a désormais jusqu’au 13 février pour obtenir un nouvel accord auprès des Européens afin de le soumettre à un nouveau vote des parlementaires britanniques. A quelques semaines de la sortie du pays, l’incertitude demeure donc très élevée et cela d’autant plus que l’Union Européenne a annoncé ne pas vouloir renégocier la solution de recours.

 

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, l’économie montre, elle aussi, des signes de ralentissement. La production industrielle recule au mois de novembre tandis que les indices de confiance décrivent une dégradation du climat des affaires, en particulier dans le secteur manufacturier. 

En Chine, les données confirment le ralentissement graduel de l’activité. La croissance du pays atteint 6,6% en moyenne en 2018 contre 6,8% l’année précédente. L’investissement comme les ventes aux détail apparaissent en stabilisation mais se situent sur des niveaux historiquement faibles. Dans le secteur manufacturier, l’indice PMI publié par Markit, passe sous la barre des 50, signe d’une contraction de l’activité. Dans ce contexte, la Banque Centrale Chinoise a pris une nouvelle mesure visant à renforcer la croissance du crédit en annonçant une baisse du coefficient de réserves obligatoires des banques chinoises. Parallèlement, les autorités ont également dévoilé un plan de soutien au secteur automobile visant à relancer la demande. 

 

 

Décembre 2018

En bref

Le mois a été marqué par un amoindrissement des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que par la hausse de la fourchette de taux directeur de la Fed et l’arrêt du programme d’achat d’actifs de la BCE. L’actualité politique européenne sur le mois a été chargée, et les données publiées concernant la zone sont en demi-teinte. En Chine, l’activité continue de se modérer, tandis qu’aux Etats-Unis, les données sont restées bien orientées. Le prix du baril de pétrole Brent recule de 8,4%, à 53,8 dollars. Sur le marché des changes, l’euro progresse de 0,8% contre dollar et termine le mois à 1,1450 dollar pour un euro.

 

Marie Thibout, le 28 décembre 2018

 

amerique

Aux Etats-Unis, la période aura été marquée sur le plan politique par des avancées concernant les relations commerciales avec la Chine, ainsi que par la fermeture partielle d’agences du gouvernement en fin de mois, les parlementaires américains n’ayant pas réussi à s’entendre sur la formation d’un budget et sur les dépenses liées à la sécurité à la frontière. En marge de la réunion du G20, Donald Trump et Xi Jinping ont trouvé un compromis, selon lequel les Etats-Unis s’engageraient à maintenir le statu quo sur le plan des tarifs douaniers jusqu’au 1er mars 2019, en échange de quoi, la Chine s’engage à acheter des quantités très substantielles de produits agricoles, énergétiques, et de biens industriels en provenance des Etats-Unis. Concernant les données économiques, les publications montrent toujours une activité américaine dynamique. Ainsi, les créations d’emploi sont encore bien orientées en novembre, le taux de chômage est stable et faible, à 3,7% et la consommation robuste. L’indicateur de confiance ISM indique une activité industrielle en hausse, et la production progresse de 4% en rythme annuel. Seul le secteur immobilier montre des signes de modération. Dans ce contexte, la réserve fédérale américaine a une nouvelle fois rehaussé sa fourchette de taux directeur de 25 points de base, la portant à [2,25% ; 2,50%]. 

 

 

 

europe

En Europe, le contexte politique et social a été chahuté sur le mois. Les échanges entre la Commission européenne et le gouvernement italien ont occupé le devant de la scène, avant qu’un accord soit trouvé : l’exécutif italien a finalement décidé de réduire quelque peu ses ambitions budgétaires et prévoit désormais un déficit public autour de 2% du PIB contre 2,4% lors de la première mouture en octobre.

En France, les prévisions de croissance pour le 4e trimestre de la Banque de France ont été revues à la baisse, à 0,2% en raison des mouvements sociaux qui ont débuté au cours du mois de novembre. Afin de répondre aux « gilets jaunes », E. Macron a annoncé une série de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Le coût de ces mesures représente environ 10Mds€ pour l’année 2019 et devrait alourdir le déficit public (autour de 3,5% du PIB en 2019). 

Au Royaume-Uni, le vote de l’accord de retrait et de la déclaration politique sur les relations futures, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a finalement été repoussé à une date ultérieure par le gouvernement afin d’éviter un rejet trop massif. La solution de recours pour l’Irlande du Nord demeure l’un des points de crispations les plus important. Le Conseil européen a toutefois annoncé clairement qu’aucune renégociation n’était possible mais que des précisions pourraient être apportées pour faciliter la ratification du parlement britannique. Le vote de la chambre des Communes devrait avoir lieu d’ici à janvier 2019. Les données économiques publiées sur le mois pour la zone euro sont mitigées. L’indice du sentiment économique compilé par la Commission Européenne poursuit sa lente érosion sur le mois de novembre, et l’indice de confiance des directeurs d’achat PMI manufacturier pour la zone euro décélère à nouveau. La production se reprend légèrement en octobre, et enregistre une croissance annuelle stable et modeste de 1%. L’industrie allemande est toujours pénalisée par le secteur automobile. De son côté, la BCE a décidé l’arrêt du programme d’achat d’actifs (APP) dès la fin décembre. Elle continuera néanmoins de procéder au réinvestissement des remboursements au titre du principal des titres acquis dans le cadre de l’APP arrivant à échéance, pendant une période prolongée.

ASIE-OCÉANIE

Au Japon, le volume des échanges commerciaux se modère, et le déficit commercial s’amplifie à nouveau en novembre. La production industrielle de son côté est en retrait, et voit sa croissance annuelle décélérer à 0,5%. 

En Chine, les données d’activité du mois de novembre montrent une poursuite du ralentissement. Le rythme de croissance de l’industrie atteint ainsi un de ses niveaux les plus bas depuis la crise de 2008, et la consommation continue de décevoir, grevée par les ventes automobiles. L’évolution des flux de financement est toujours baissière, en dépit des mesures de soutien annoncées par le gouvernement et la banque centrale.

 

 

 

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